Le 1er septembre 2024


- Scénariste : Xavier Coste >
- Dessinateur : Xavier COSTE
- Genre : Anticipation
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 4 septembre 2024
Une suite graphique intense et crépusculaire du célèbre roman d’Orwell.
Résumé : À partir de janvier 1985, un nouveau régime prend le contrôle d’Océania, laissant Londres toujours plus sous le joug de Big Brother. Un maigre espoir, le "livre de Winston", émerge, mais ceux qui le trouvent sont condamnés...
Critique : Si les adaptations en bande dessinée de 1984 sont légions – et Xavier Coste a déjà adapté la dystopie d’Orwell – mais cette suite est unique. "Librement inspiré de l’œuvre de George Orwell", ce Journal de 1985 a pour ambition de prolonger ce sentiment d’être épié, scruté, dénoncé à chaque instant pour une volonté plus qu’une action, une pensée plus qu’une parole. Avec cette suite, un nouveau héros arrive sans s’imposer, un peu moins lâche, un peu plus résistant, amenant dans son sillage une poignée de personnages intéressants : quelques membres d’une organisation secrète qui virent à la paranoïa, un frère haut placé qui a une vie régie par le parti, un secrétaire général, reliquat de 1984, qui va payer son incapacité à trouver les coupables, mais aussi un collègue de travail intrigant, que l’on soupçonne, mais qui sera au-delà, amenant une conclusion surprenante et surpassant en ironie et en malaise celle de 1984.
- © Sarbacane / Coste
Dans cette suite graphique, les policiers et militaires ont des airs de XXIème siècle, les échos de la guerre résonnent et éclatent, à travers des bâtiments crevés, des statues brisées et des pans entiers de pays laissés à l’abandon. Le désespoir hante donc les pages qui annonce le crépuscule d’un régime qui paraît faire face à une défaite de plus en plus inéluctable, à l’image des derniers mois du régime nazi lorsque les bombardements s’intensifient et que la vie doit rester normale pour les apparences. Les planches semblent d’ailleurs s’inspirer de ces élans de violence, comme si elles-mêmes étaient déchirées par des grandes lames de couleur ou de noir et blanc pour donner une avenue impeccable ou un no man’s land de ruines. Au milieu, Lloyd évolue comme un fantôme, avatar d’une révolution à laquelle il ne croit pas vraiment, visage blanc sans trop d’expression, entre fascination et dégoût tous deux masqués.
- © Sarbacane / Coste
Suite aussi poétique que fidèle, Journal de 1985 donne une conclusion (encore que 1986 pourrait se glisser à la suite) à un livre iconique, poursuivant ainsi cette idée d’une société manipulable et d’une humanité asservie, un thème qui a toujours le vent en poupe...
272 pages – 29,00 €