Le 12 juin 2024


- Scénariste : Simon Lamouret>
- Dessinateur : Simon Lamouret
- Genre : Chronique sociale
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
Quand une famille entre dans l’intimité d’un homme décédé il y a plusieurs années, par l’intermédiaire de sa maison.
Résumé : Fraîchement divorcée, Élise désire refaire sa vie : elle quitte son travail et fait l’acquisition d’une maison dans un bourg à un prix imbattable. Seul inconvénient, celle-ci est remplie des objets de son ancien propriétaire, décédé voilà plusieurs années. La jeune femme, mère d’un petit garçon, ne laisse pas passer l’occasion et appelle en renfort ses parents. À travers les objets accumulés par le propriétaire disparu, la famille découvre une vie baroque et entre progressivement dans l’intimité de François-Léopold Desaix, passionné d’art et peintre à ses heures. Dès lors, chacun projette un peu de sa vie dans celle de cet homme qu’ils n’ont jamais connu.
Critique : Voyager dans un album où la principale activité des personnages consiste à ranger une maison : tel est le pari réussi de Simon Lamouret. Ce dernier réalise une habile chronique familiale en enchâssant deux récits. Le premier est l’histoire au présent d’Élise, de son fils Antoine et de ses parents, Rachel et Philippe. Le second, construit à partir des objets retrouvés et éparpillés en désordre dans la maison, est celui de Desaix, mystérieux personnage un peu bohème – il entretient un rapport très détaché à l’argent –, un peu aventurier – il part en Afrique –, et artiste qui aime la peinture et la photographie. Mais ce personnage a-t-il vraiment vécu ces aventures, ou la famille ne projette-t-elle pas ses fantasme sur cet homme ? C’est là tout le sel de l’histoire, dont la scène finale donne à réfléchir au lecteur sans apporter de réponse ferme.
- © Simon Lamouret / Sarbacane
Sur le plan graphique, Simon Lamouret mise sur une palette chromatique variée pour donner du corps à ses planches. La maison, dont les décors sont particulièrement soignés (avec une mention spéciale pour les variation de papier peint) tant ils ont un intérêt narratif, et les décors sentent la France rurale d’antan. Simon Lamouret aime peindre des ambiances, qui confèrent une atmosphère particulière au récit. Si les personnages dessinés par Lamouret ne sont pas particulièrement expressifs, le scénario donne à chacun une véritable épaisseur psychologique. Chacun d’entre eux révèle ses désirs et ses failles en se contemplant dans le miroir tendu par cet encombrant disparu. En fin de compte, Simon Lamouret par d’une idée simple mais originale, et très bien mise en scène, pour livrer un joli récit de famille.
240 pages – 29,90 €