Le 13 avril 2026
Une narration épurée jusqu’à la monotonie pour tracer l’itinéraire d’une génération perdue entre les poids des attentes sociales et la quête d’harmonie.
- Réalisateur : Yūho Ishibashi
- Acteurs : Erika Karata, Haruka Imö, Oto Abe, Kazuma Ishibashi
- Genre : Drame
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Art House Films
- Durée : 1h16mn
- Date de sortie : 15 avril 2026
- Festival : Festival Chefs Op’ en Lumière Chalons sur Saône 2026, Saisons Hanabi 2026, OAFF Japon (Osaka Asian Film Festival), Japan Cuts - Etats-Unis, Festival International des Cinémas d’Asie de Vésoul
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Résumé : À vingt-quatre ans, Nozomi a abandonné son tailleur de commerciale pour l’uniforme modeste d’une supérette. Entre la monotonie rassurante du quotidien et la complicité de ses collègues, elle pense avoir trouvé un fragile équilibre. Mais l’irruption d’une ancienne amie du lycée dans le "konbini" vient bouleverser sa routine et la confronter à ses choix de vie.
Critique : Empreintes d’une sagesse qui a fait défaut à leurs aînés, les nouvelles générations, au Japon comme ailleurs, refusent les injonctions sociales qui les poussent à sacrifier leur bien-être pour ne se consacrer qu’à leur travail.
S’inspirant du roman éponyme de Sayaka Murata qui explore les thèmes de la marginalité et de la quête de sens dans la société japonaise contemporaine, la réalisatrice Yūho Ishibashi suit le retour à la vie de Nozomi (Erika Karata), une jeune femme écrasée par les pressions sociétales et environnementales d’un monde qui exige toujours plus.

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Brillante, la jeune femme a entamé une carrière prometteuse dans cette agence de publicité où il lui aurait été facile de gravir les échelons, à condition d’accepter de cumuler les heures supplémentaires et, bien plus encore, d’affronter une organisation du travail éternellement oppressante. Rêvant d’un bonheur simple, elle prend la décision, entre expectative et désenchantement, de se délivrer de ce poids professionnel trop lourd pour elle.
Quand le film démarre, Nozomi est déjà embauchée dans ce konbini, qui lui sert de refuge, ces supérettes ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qui proposent à la fois denrées alimentaires et services, devenues incontournables au Japon. Un travail routinier qui lui apporte un début de sérénité sans parvenir à masquer son sentiment d’échec. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle communique avec sa mère, elle évite soigneusement de mentionner ce changement de cap professionnel.
Confrontée à quelques clients hargneux, elle cultive bienveillance et apaisement. Toujours dans le refus de trop s’exposer, elle cache toute manifestation de sentiments ou d’émotion. Dans son tout petit appartement, elle se recroqueville dans sa solitude et ses repas frugaux. Pourtant, au travail, la solidarité entre collègues est réelle. De quoi permettre à Nozomi de retrouver, peu à peu, une part de sa joie de vivre diluée dans l’isolement et le désarroi liés à son précédent emploi. Autant de scènes qui cheminent discrètement pour rendre compte de l’embarras de notre jeune héroïne, toujours tiraillée entre la sommation de réussite sociale et son désir de mener une existence comme elle l’entend. Bien sûr, la réalisatrice fait preuve d’une louable délicatesse pour décrypter cette progressive renaissance. Néanmoins, la mise en scène sans relief et les dialogues minimalistes peinent à rendre enthousiasmant ce combat pour une vie plus équilibrée, aussi légitime soit-il.

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Au delà de la critique de ce modèle coercitif, le film rassemble une galerie de personnages qui tous se solidarisent face aux insatisfactions pour démontrer que la saveur de la vie pourrait bien se chiner derrière l’authenticité des échanges humains plutôt que dans la recherche de la compétitivité. Les retrouvailles de Nozomi avec une ancienne camarade de classe, tout à fait apte à reconnecter Nozomi aux plaisirs simples, marquent le début de l’embellie, nourrissant le récit d’une hélas trop tardive vivacité. À n’en pas douter, le plus bel atout du film réside dans l’interprétation impeccable d’Erika Karata, également à l’affiche Love on Trial. Sa douceur naturelle et sa silhouette d’adolescente n’ont aucun mal à nous rendre complices de ces luttes intérieures.
Un film qui ne manque ni de poésie, ni de retenue mais impose patience et tempérance.
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