Le 29 mai 2026
Un film de zombie urbain qui, en plus de renouveler le genre, tient en haleine le spectateur du début à la fin.
- Réalisateur : Yeon Sang-ho
- Acteurs : Gianna Jun , Koo Kyo-hwan , Ji Chang-Wook, Hyun-been Shin, Kim Shin-Rok, Shin Hyon-bin , Koo Gyo-hwan
- Genre : Épouvante-horreur, Film de zombies
- Nationalité : Sud-coréen
- Distributeur : ARP Sélection
- Durée : 2h02mn
- Titre original : Gunche
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
- Date de sortie : 27 mai 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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Résumé : Dans un gratte-ciel du centre de Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclé et toutes les personnes présentes confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent…
Critique : Si depuis George A. Romero on a presque tout vu du film de zombies, Colony apporte un air de frais incontestable. D’abord, et c’est la grande nouveauté, on apprend dès le début du film d’où part l’infection, ce qui est du jamais-vu dans ce type de long-métrage. Ensuite, le récit se passe dans un univers totalement urbanisé, et plus précisément une tour qui constitue le sommet de la consommation capitaliste. Yeon Sang-ho n’en est pas à son coup d’essai. Après Dernier train pour Busan et Peninsula, il entraîne les spectateurs dans une folle course à la survie d’un groupe de courageux résistants face à une horde de zombies sans foi ni loi.
La grande nouveauté du film demeure que ces zombies, pourtant mort cérébralement, sont en capacité de communiquer les uns les autres et de transmettre des informations pour viser leur cible collective, à la manière des blobs d’ailleurs cités à plusieurs reprises dans le scénario. Le schéma de diffusion des données passe par un subtil réseau d’une sorte de mucus horrible, et un créateur, porteur d’un antidote, en capacité de mener les être infestés. On est bien dans la métaphore de la colonie, dont la définition est d’ailleurs donnée en exergue du long-métrage.

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Diffusé en Séance de minuit pendant le Festival de Cannes 2026, le film atteste d’une volonté des programmateurs d’aller sur des genres perçus comme mineurs. On est dans un film coréen, qui regorge d’hémoglobine, de tueries impitoyables où les humains sont parfois plus cruels que les monstres qu’ils poursuivent. Le récit emprunte des airs de fin du monde capitaliste en se situant dans une tour où chaque étage comporte des kilomètres de magasins ou de bureaux.
Les zombies réfléchissent. Parfois, une once d’émotion émerge de leur regard ensanglanté. Il représentent les Robins des Bois déterminés à effacer la société pour en reconstituer une autre plus neuve, débarrassée de ses scories consommatrices. À leur tête, un savant moins fou que psychopathe, qui cultive le dessein tragique de dominer ce nouveau monde à venir. Il faut dire que les piètres humains sont organisés autour d’un système politique peu enclin à la réflexion et au secours des citoyens. Le petit groupe qui s’organise à l’intérieur de l’immeuble pour échapper aux zombies ressemble lui-même à une micro-société du pire, gouvernée par les malentendus et ambitions personnelles.

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Colony est d’une incontestable réussite. Il faut dire que le rythme très soutenu accompagne fort bien cette histoire haute en couleurs et en aventure. Les dialogues sont drôles et haletants, ne faisant jamais ombrage sur l’action qui occupe le film de la première séquence à la dernière. Le scénario s’aventure parfois dans des explications scientifiques qui n’enlèvent rien ni au rythme, ni à l’intérêt de l’histoire. Les personnages sont très attachants, et le cinéaste se plaît à montrer que l’avenir du monde pourrait être féminin, grâce au comportement de l’héroïne, une scientifique aventureuse, qui déborde d’idées et d’énergie.
À l’approche de l’été, Colony s’affiche comme un film réjouissant à voir avec de grands adolescents. Les décors sont particulièrement soignés, et tant le montage que le cadrage dénotent une qualité certaine de l’image. Voici donc un autre film qui démontre l’incroyable fécondité du cinéma coréen.
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