Le 19 octobre 2026
Un voyage multiculturel pour remplacer la brutalité du racisme ordinaire par un hymne à l’entraide et à la tolérance.
- Acteur : Ismaël Saïdi
- Durée : 1h15mn
- Auteur : Ismaël Saïdi
- Metteur en scène : Ismaël Saïdi
- Genre : Seul en scène
- Salle de Théâtre : Théâtre des Mathurins
- Date de sortie : 19 septembre 2026
- Plus d'informations : Le site du théâtre
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Résumé : Depuis l’arrivée de son père en Belgique dans les années 1970 jusqu’à son propre rôle de père, de Belge, de Marocain, de musulman judéo-chrétien et d’artiste, Ismaël Saidi retrace le parcours d’un enfant trimbalé dans les écoles catholiques, laïques, communales et musulmanes, d’un adolescent en quête de repères, d’un flic d’origine marocaine débarquant dans un commissariat tout blanc.
Critique : En fond d’écran sont d’abord projetées quelques photos à la qualité désuète mais néanmoins en couleurs. Un père et ses enfants, un couple, un grand-père et son petit-fils. Le comédien arrive. Il nous prévient. Nous allons remonter aux années 1970 et entreprendre un voyage qui va nous emmener de Tanger aux faubourgs de Bruxelles. C’est son histoire, déjà racontée dans un livre, qu’Ismaël Saïdi, va dérouler sous nos yeux. Immédiatement, il crée une complicité avec le public, le prenant à témoin de ses moments de bravoure, de ses interrogations, de ses tiraillements.

- Crédit : Karine Darjo
Car il faut à la fois de la résilience, de l’humour et une volonté farouche pour installer sa vie en France quand on est né en de parents marocains en Belgique, ce plat pays à la météo décourageante, que l’on a commencé sa scolarité dans une école catholique dont les préceptes ne coïncidaient pas vraiment avec ceux de l’école coranique, quand la mosquée vous oblige au mariage tout en vous promettant soixante-douze vierges à condition que vous partiez vous battre en Afghanistan, quand la religion musulmane refuse le paradis à une personne que vous chérissait sous prétexte qu’elle n’est qu’une mécréante, quand dans la cité il faut redoubler d’imagination pour échapper aux caïds si l’on n’a pas la carrure d’un athlète, quand votre communauté vous reproche d’écouter un chanteur juif (Goldman), vous le musulman. Alors certes, toutes les anecdotes ne sont pas d’un égal intérêt et certaines auraient gagné à être développées avec un peu plus d’ampleur, mais toutes ont pour avantage de jeter un regard fraternel sur l’identité, le déracinement, les préjugés et l’intégration. Une réconfortante manière de nous livrer un choc des cultures vu et décrypté par ce conteur doux et joyeux, incorruptible optimiste pétri de bonne humeur, de générosité et d’amour des autres. Car s’il voue une sincère tendresse à ses parents, et encore bien davantage à ce grand-père, resté au pays, dont le prénom arabe se traduit par Jésus en français, c’est vers Madame, personnage essentiel, assurément le plus touchant, que se tourne toute sa reconnaissance. Autrefois infirmière, Madame, citoyenne belge de 87 ans, entend depuis plusieurs jours les pleurs d’un bébé malade dans l’appartement voisin. Elle propose donc ses soins à une mère qui ne parle pas sa langue mais lui fait confiance.

- Crédit : Karine Darjo
Démarre alors une histoire d’entraide et de solidarité qui tord le cou aux sectarismes et aux haines les plus tenaces, même si la fille de Madame l’avait bien prévenue que « ces gens-là » n’avaient d’autre but que de la voler ou même de la tuer. Mais Madame n’en a cure. Son bonheur est de faire découvrir à cet enfant prometteur Dumas, Hugo et quelques autres auteurs, et d’encourager sa passion de l’écriture. Grâce à elle, des années plus tard, il obtient son bac, fierté de la famille hélas difficile à partager puis Madame n’est plus là. Diplôme en poche, il intègre la police où là aussi quelques bons Blancs bien sous tous rapports lui font comprendre que le délit de faciès s’applique aussi à ses subordonnés. Il finit par quitter cet emploi pour se consacrer à son talent épistolaire et utiliser la scène comme moyen de réflexion et de compréhension interculturelle.
Ce spectacle nécessaire, dont les mots revigorent nos espoirs de concordance et apaise nos maux, confirme la pertinence de son choix.
Adapté du roman Moi, Ismaël, un musulman d’ici d’Ismaël Saïdi
À partir de 12 ans
Studio des Mathurins - 36, rue des Mathurins - 75008 Paris
jusqu’au 20 décembre 2026 - le samedi à 19h.
Galerie photos
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