Le 29 septembre 2024


- Scénariste : Ghi >
- Dessinateur : Ghi
- Collection : Treize étrange
- Genre : Fantastique, Historique
- Editeur : Glénat
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 18 septembre 2024
Le premier album d’un jeune auteur prometteur, qui met en scène les Ardennes belges durant la Révolution française, en mettant en scène des sorcières…
Résumé : L’hiver est rude dans la forêt des Ardennes belges, où se réfugient les pères Antoine et Martin, deux prêtres réfractaires qui tentent d’échapper à la vindicte des révolutionnaires en cachant les reliques de Saint Lupicin. Traqués, les deux hommes s’enfoncent dans la forêt à l’initiative du père Martin, un homme âgé et bourru qui connaît un lieu supposément sûr. Mais un danger pire que les révolutionnaire guette les hommes de Dieu : les macrales, ces sorcières qui hantent les bois, pourchassent les deux hommes. Elles semblent vouloir se venger du père Martin…
Critique : À l’instar de Didier Comès en son temps avec Silence, Ghi met en scène les Ardennes et son folklore en convoquant l’image des macrales, un terme issu du dialecte wallon pour désigner les sorcières. Ces figures, nées dans l’imaginaire populaires à l’époque de la « chasse au sorcières » passent de traquées à traqueuses dans cet album : isolées de la civilisation, ces trois sœurs pourchassent le père Martin après la mort d’une des leurs. Ces femmes connaissent la forêt comme leur poche, et peuvent voir à travers les yeux des corbeaux qui peuplent les bois. Le père Antoine, le prêtre plus jeune qui accompagne le père Martin, ne comprend pas l’origine de la colère de ces sorcières, et se met progressivement à douter des manières et des intentions du père Martin. Il faut dire que ce dernier semble plus prompt à manier le fusil que la prière.
- © Ghi / Glénat
Macrales et corbeaux évite tout manichéisme : les sorcières sont effrayantes, mais leurs intentions sont compréhensibles, quand le père Martin est animé par la violence, dans la lignée de la doctrine de l’Église vis-à-vis des sorcières. Il en ressort un récit dynamique (notamment grâce au découpage et à des dialogues bien construits) en forme de course-poursuite agréable à lire, avec une mise en tension maîtrisée et un final en forme de feu d’artifice. Sur le plan graphique, Ghi adopte un dessin au trait fin rehaussé par de grands aplats de couleurs majoritairement froides (on est en hiver) : seul les nippes des sorcières et quelques scènes clés du récit sont représentées avec des teintes orangées. Le dessinateur séduit en particulier dans la représentation de la forêt, lieu où survient le fantastique, et pour cause : il exerce en parallèle le métier de garde-forestier !
- © Ghi / Glénat
Album qui convoque l’image de la sorcière et le folklore wallon durant les heures troubles de la Révolution française, Macrales et corbeaux est une première réussie pour Ghi, un jeune dessinateur à suivre.
120 pages – 20,50 €