Le 15 septembre 2026
Cherchant constamment la profondeur sans jamais la toucher du doigt, A Time in Eternity échoue autant sur le fond que sur la forme.
- Acteurs : Leila Hatami, Babak Hamidian, Marjan Ettefaghian, Bita Farahi
- Genre : Drame, Science-fiction
- Nationalité : Iranien
- Durée : 1h35mn
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Résumé : Dévastée par l’inexplicable disparition de son mari, Maryam ne vit que dans l’attente de son retour, fragilisant un peu plus chaque jour sa relation avec sa fille, désemparée. Entre l’apparition d’étranges phénomènes dans son appartement et les avances incessantes de son beau-frère, elle perd pied.
Critique : Projeté pour la première fois à l’Étrange Festival 2026, A Time in Eternity est présenté après un enfer de post production qui aura duré quatre longues années. Le film se présente comme une poésie fantastique iranienne sur le deuil et l’amour, mettant l’accent sur des images audacieuses et fantasmagoriques. C’est pourtant la déception qui prime en sortie de salle.
A Time In Eternity relate l’histoire de Maryam qui doit éduquer sa fille alors que son mari a mystérieusement disparu plusieurs années auparavant et que le frère de ce dernier ne cesse d’interférer dans sa vie. Alors que des phénomènes étranges se produisent dans son appartement, Maryam y voit un espoir de retrouver celui qu’elle aime.
Contrairement aux apparences, il ne s’agit en rien d’un film de fantômes. En vérité, il est même assez ardu de savoir la nature de A Time in Eternity, tant on nous refuse l’égard d’un scénario. Empêtré dans un structure extrêmement répétitive, le récit se débat avec lui-même, cherchant à maintenir une tension, une pression sur son personnage principal que l’on ne ressent jamais. Il s’agit d’un film dont on ne fait que souhaiter qu’il commence, et ce jusqu’à l’arrivée du générique. On ne peut croire au drame de cette femme quand tout autour d’elle semble exister dans le vide. Rien n’a de poids. Et même si tout cela pourrait provenir d’une volonté d’auteur, ce ne sont que des coups d’épée dans l’eau qui n’arrivent jamais jusqu’à leur cible. Il semble évident que le réalisateur Medhi Norowzian n’est pas dépourvu d’idées et d’une vision artistique ; mais à trop chercher la profondeur émotionnelle, il signe une œuvre assez plate, sans aucun coup d’éclat. Le propos sur la persistance de l’amour malgré l’absence et la douleur qui s’ensuit est amené de façon si lourde, si ampoulée, qu’il étouffe le spectateur même le plus sensible. Les personnages en gros plan ne cessent de réciter des grandes tirades poétiques peu subtiles, comme pour forcer une émotion, une beauté qui ne peut jamais éclore dans un dispositif aussi artificiel. Car, des appartements à la lumière, jusqu’aux sentiments, tout dans A Time in Eternity apparaît désespérément factice.
Dans son dernier tiers, le film se laisse aller à des extravagances visuelles, sort de son cadre et change du tout au tout, se plongeant bien plus loin dans le fantastique. Cependant, toutes ces étranges tableaux sont trop visiblement numériques pour vraiment avoir le moindre charme et semblent tout droit sortis d’un blockbuster à petit budget. Non seulement ce changement sort de nulle part, n’étant la conséquence de rien mais juste une apparition soudaine au sein du rythme monotone de la première heure du film, mais il apparaît également assez vide de sens. Jamais il ne résonne avec les symboliques mises en place plus tôt, jamais il ne semble mérité, et ainsi désintéresse-t-il complètement son spectateur, qui se surprendra à avoir les yeux perdus dans le vide plutôt que sur l’écran.
On peut cependant noter la belle performance de Leila Hatami, interprète d’Une séparation d’Asghar Farhadi, mais dont le talent manifeste ne suffit pas à insuffler au film la vie qui lui manque.
Il est ainsi impossible de sortir d’A Time in Eternity sans être déçu, tant il laisse une impression d’inachevé, d’incompréhension et de vacuité. Il s’agit d’une œuvre peut-être trop conceptuelle, trop hermétique ou tout simplement trop prétentieuse pour parvenir à voyager du subconscient de son auteur jusqu’à son public. Le film se fait constamment attendre sans jamais se laisser découvrir et martèle des concepts assez convenus sans daigner y apporter un tant soit peu de matière. Il porte à la fin assez bien son titre puisque l’ennui est tout ce qui reste de cet agrégat mal maîtrisé.
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