Le 24 octobre 2026
Christophe Karabache livre un film perturbant et audacieux, mais dont l’écriture déçoit in fine.
- Réalisateur : Christophe Karabache
- Acteurs : Raïa Haïdar, Fadi Sroor, Camille Ammoun, Fady Barbar
- Genre : Science-fiction, Thriller
- Nationalité : Français, Libanais
- Distributeur : VisioSfeir
- Durée : 1h28mn
- Date de sortie : 18 novembre 2026
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Résumé : Dans un futur proche, Nabil, ingénieur civil, prévoit de détruire Beyrouth pour mieux la reconstruire, à l’aide d’une technologie futuriste pour laquelle il doit trouver un cobaye.
Critique : Il est toujours salutaire de se voir bousculé par un film, tant dans sa dimension formelle que narrative. Durant la première demi-heure de City Exterminator, la curiosité du spectateur, malmenée, est piquée à vif, tant par une imagerie déstabilisante que par un récit qui aurait merveilleusement trouvé sa place dans une série B américaine des années 1980, au sens le plus jouissif du terme.

- Crédits : Visiosfeir Distribution
Christophe Karabache installe dès l’entrée en matière un univers singulier, et le déploie avec une conviction qui oblige à reconnaître une audace certaine. À l’image, quelques plans s’impriment durablement dans notre esprit troublé, grâce à une indiscutable science du cadre, comme autant de pulsions tarkovskiennes essaimées dans Beyrouth, qui contribuent à façonner une atmosphère pré-apocalyptique convaincante. Le postulat narratif de départ, quant à lui, aiguise notre intérêt, nous collant dans l’ombre de Nabil, ingénieur antipathique passionné par la destruction.
Conceptuellement, le film tente de montrer comment un homme, si habitué à la destruction dans un pays habitué à son irruption, cyclique, en vient à la souhaiter et à la connoter positivement. Nabil applique à Beyrouth le principe qu’il vaudrait mieux détruire pour reconstruire sainement, comme si Beyrouth était un individu exprimant sa volonté de puissance nietzschéenne. Il esquisse aussi la critique d’une technologie, et de ses concepteurs, toujours prompts à oppresser le corps féminin, le réifier, en l’occurrence en en faisant volontiers un objet d’expériences scientifiques et de désir sexuel non réciproque. Autant d’idées qui irriguent le film, mais ne viennent jamais à être pleinement explorées.

- Crédits : Visiosfeir Distribution
En effet, l’ensemble s’enferre peu à peu dans des longueurs malvenues qui font patiner l’intrigue. Les actions de Nabil deviennent de plus en plus nébuleuses. Tout ce que le film avait à nous dire sur ses concepts se trouve concentré dans la première partie.
La deuxième voit le malaise ne plus jouer en faveur du film mais contre lui. Quelques séquences un brin gratuites en deviennent difficiles à tenir. D’autres versent dans l’ubuesque, à l’image du combat final, qui nous pousse à prendre le récit au second degré, voire au-delà, pour garder une contenance. Le scénario use même de quelques facilités qui mettent à mal notre suspension d’incrédulité dans la dernière partie (pourquoi la technologie ne fonctionne-t-elle plus comme prévu ?).
Malgré ses longueurs et ses errements, le film demeure une proposition audacieuse, qui a le mérite de sortir des sentiers battus, quitte à mettre notre patience à l’épreuve.
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