Vingt-mille lieues sous les mers
Le 4 octobre 2026
Malgré les facilités scénaristiques et une animation un peu sage, cette première adaptation cinématographique de l’œuvre de Fujiko F. Fujio, riche en péripéties, se laisse apprécier.
- Réalisateur : Tetsuo Yajima
- Acteurs : Emmanuel Curtil, Donald Reignoux, Brigitte Lecordier
- Genre : Drame, Aventures, Fantastique, Animation, Film pour enfants, Manga, Film animalier
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Eurozoom
- Durée : 1h41mn
- Titre original : Eiga Doraemon Shin Nobita no Kaiteiki Ganjô
- Âge : À partir de 8 ans
- Date de sortie : 7 octobre 2026
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Résumé : Doraemon est un chat-robot bleu qui vient du futur. Il vit avec Nobita, un petit garçon maladroit, et ses parents. Grâce à ses gadgets secrets, Doraemon aide souvent Nobita à s’amuser ou à résoudre ses problèmes. Un été d’ennui, Doraemon propose à Nobita et leurs amis d’aller faire du camping sous la mer. En explorant les fonds marins, la bande découvre une épave et fait la rencontre des Thalassiens. C’est alors qu’une annonce très inquiétante survient : « Le Château sous-marin s’est réveillé ! ». Nobita et ses amis doivent se lancer dans une bataille qui décidera du sort de la Terre !
Critique : Publié entre 1969 et 1994, adapté plusieurs fois en anime depuis 1973, Doraemon compte parmi les mangas les plus célèbres et les plus vendus au monde, bien que le temps et la notoriété d’autres franchises comme One Piece, Demon Slayer ou L’Attaque des Titans l’aient fait quelque peu tomber dans l’oubli en France.
Près de soixante ans après sa création, le mythique chat-robot dépourvu d’oreilles arrive pour la première fois sur grand écran en France, dans une aventure rythmée et riche en action.
Par un bel été, et alors qu’une épave d’une valeur de vingt billions de yens est recherchée aux alentours du triangle des Bermudes, Doraemon invite Nobita, le jeune garçon chez qui il vit, et ses amis, à faire du camping sous-marin afin de voir la mer et la montagne en même temps. Avides de trésors et de richesses, Suneo et Gian, deux amis de de Nobita, embarquent à bord d’un bolide futuriste doté d’intelligence artificielle, Buggy, afin de découvrir la fameuse épave. Ils découvrent bientôt un peuple aquatique millénaire, les Thalassiens, dont le seul souci est de se préserver des humains et de Poséidon, une intelligence artificielle capable de décimer la Terre.

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L’on retrouve dans ce long-métrage les éléments narratifs et diégétiques communs à nombre de films d’animation japonais : incursion du fantastique dans la réalité ordinaire, avertissement sur la pollution environnementale, critique du capitalisme et du néolibéralisme et réflexion sur le progrès technologique. Des thématiques sociopolitiques plus que jamais présentes dans le débat public, même si l’anime originel se concentre davantage sur des valeurs morales plus fondamentales et quotidiennes : l’amitié, la discipline, le travail, la confiance en soi et la remise en question. Ces valeurs sont notamment mises en scène durant les quarante premières minutes du film, lorsque Nobita se voit contraint par sa mère de terminer ses devoirs de vacances avant de pouvoir aller camper, ou lorsque Doraemon interdit strictement aux enfants de rejoindre l’emplacement supposé du triangle des Bermudes.
L’heure qui suit adopte un ton plus propre au Shōnen, avec le développement du personnage de Buggy, qui s’étonne de toutes les contradictions humaines, l’apparition de militaires, de requins-robots, de pistolets lasers, d’armes nucléaires et une menace de destruction mondiale.
Ainsi, le métrage de Tetsuo Yajima semble hésiter entre deux publics, celui des enfants et celui des préadolescents, sans véritablement parvenir à choisir.

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La volonté de Yajima de rester fidèle à l’œuvre de Fujio tout en y apportant une dimension contemporaine est louable : bien qu’il ne nous dise absolument rien des origines de Doraemon, le scénario est très rythmé, et comporte de nombreuses péripéties, qui tendent à se résoudre de manière expéditive grâce aux mille et un gadgets contenus dans la poche ventrale de Doraemon. Si les fonds marins et l’architecture de la cité des Thalassiens ont un très beau rendu visuel, l’animation reste sage et classique, sans véritable innovation sur le plan cinétique.
Tetsuo Yajima ayant passé une bonne partie de sa carrière au service de cette franchise, on ne peut que l’encourager à s’émanciper du cahier des charges pour nous offrir à l’avenir des mises en scène plus audacieuses. Nul doute qu’il y parviendra.

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