Critique

CINÉMA

Infernal affairs - la critique

Face/Off

Le 5 août 2010

Casting en or et profondeur narrative : un polar très haut de gamme.

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  • busley 7 avril 2007
    Infernal affairs - la critique

    "Tueurs"

    Sorti sur les écrans hongkongais en 2002, Infernal Affairs se présente d’emblée comme un film charnière marquant le renouveau du film policier made in Hong Kong et agissant comme un électrochoc sur une industrie alors en déclin.
    Les réalisateurs Andrew Lau et Alan Mak y racontent le chassé croisé infernal entre deux hommes (Ming joué par la popstar Andy Lau et Yan incarné par le merveilleux Tony Leung), l’un officiant comme taupe dans la police au service de la mafia chinoise, et l’autre comme policier infiltré au sein d’une Triade. Chacun essaie d’avoir une longueur d’avance sur l’autre pour faire gagner son camp, tous les coups sont permis. Ecoutes téléphoniques, messages électroniques et autres gadgets high-tech sont les nouvelles armes de ces combattants modernes.
    La mise en scène magistrale nous accroche immédiatement par son dynamisme et les figures de montage de haute voltige apportent une esthétique originale et novatrice. Le suspense d’une intensité sans égale et les affrontements psychologiques à coup de téléphone portable remplacent ici les traditionnels gunfightsrécurrents des polars hongkongais que l’on avait l’habitude de voir (John Woo, Ringo Lam, Kirk Wong...).
    Mais c’est au niveau du traitement même des personnages qu’Infernal Affairs fait preuve de virtuosité. En jouant la carte de la symétrie et le renversements des rôles, les cinéastes plongent nos protagonistes ainsi que le spectateur dans un enfer duquel par définition nul ne peut s’échapper(A cet égard Wu Jian Dao le titre original renvoie à la dernière des chambres de l’Enfer appelée "Enfer aux souffrances incessantes"). Rongés par la schizophrénie et la peur d’être à tous moments découverts, Yan et Ming partiront en quête de leur rédemption. Mais ils devront assumer leur choix et les souffrances que cela implique.
    En introduisant au récit des idéologies bouddhistes comme une thématique sous-jacente, Andrew Lau et Alan Mak propose une véritable évolution du genre policier à ne manquer sous aucun prétexte ! A la suite de ce film, deux suites ont été réalisées, intensifiant les liens et intrigues entre les différents personnages déjà présentés. Par ailleurs, preuve que ce film est une vraie prouesse narrative et visuelle, le grand Martin Scorsese s’en est emparé récemment pour réaliser son remake intitulé The Departed. Le cinéma hongkongais, nouvelle source d’inspiration pour Hollywood ? En tout cas une chose est certaine... A vos dvds !

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