Le 3 novembre 2024


- Scénaristes : Jean-Louis Tripp>, Aude Mermilliod>
- Dessinateur : Horne
- Collection : Aire Libre
- Genre : Drame, Société
- Editeur : Dupuis
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 11 octobre 2024
- Durée : T.2
Une suite bienvenue dans cette France rurale, entre rugby et mai 1968.
Résumé : Yveline est partie à Paris pour ses études, et au village de Larroque-sur-Garonne, on sent peu à peu poindre les changements que mai 68 va amener, dans les mentalités des jeunes et des femmes en particulier...
Critique : L’image usuelle de mai 1968 est celle des rues parisiennes, des pavés retournés et des manifestations le long des avenues. Pourtant, ce mouvement a bien été national, et en s’attaquant à ce monument social et culturel, Mermilliod et Tripp savaient qu’il fallait être original et précis à la fois. Le cadre campagnard, cette France que beaucoup idéalisent, était donc un bon point de départ, et leur point de vue voulait en plus jouer sur un double tableau : être sérieux et drôle en même temps. Sérieux, car avec ce deuxième tome, les sujets forts sont de nouveau abordés : après la grossesse hors du mariage, voici venir la grossesse interrompue, après les jeunes qui râlent, voici les vieux qui s’écharpent, en souvenir des collabos qui n’ont pas été inquiétés... Pour le coté comique, le rugby, évidemment, joue un rôle phare : moins présent qu’au premier tome, il est la soupape, avec cette fameuse « chistéra » dont l’entraîneur curé ne veut pas entendre parler... Le choc générationnel continue lui d’être au milieu de cette dualité, tantôt ironique, tantôt triste, avec cette remarque de la mère aisée à sa fille qui lui dit qu’elle devrait prendre un de ces nouveaux lave-vaisselle, et qui lui réplique qu’elle a "la bonne" à la maison.
© Dupuis / Horne
Le style de Horne joue bien évidemment de cette ambivalence. Les personnages y sont tous représentés avec des traits assez sympathiques, ainsi, même le contremaître qui suit le voleur de l’usine de tuiles n’a pas un faciès si dérangeant. Bien sûr, les entraîneurs un peu trop conservateurs sont un poil exagérés dans leur expression, mais Miltiade l’est tout autant dans son style « vieux fou ». Après les émotions à fleur de peau du premier tome, on sent qu’une attention particulière a été donnée pour suivre l’évolution, de la jalousie, de la peur, de l’attente de certains des protagonistes, avec Yveline et Monique comme piliers de cette ligne que représente le village entier.
© Dupuis / Horne
Second volet tout aussi prenant et original que son précédent, Les Vents Ovales joue sur le rugby, la campagne et mai 68 pour rappeler que les valeurs se créent et se bousculent, les traditions se chantent et se modifient.
128 pages – 26 €