Le 2 octobre 2024


- Dessinateur : Haruo Iwamune
- Collection : Moonlight Manga
- Genre : Seinen, Anticipation
- Editeur : Delcourt, TONKAM
- Famille : Manga
- Date de sortie : 10 juillet 2024
- Durée : T.1
Une quête post-apocalyptique pleine de sentiments mêlés et de beautés cachées.
Résumé : Dans les ruines d’un Japon ravagé et déserté de vie humaine, suite à une épidémie incurable, une jeune androïde quadrille les zones pour nettoyer les cadavres et découvrir éventuellement des survivants, dans un monde à l’abandon...
Critique : L’idée de mêler une androïde à la chute de l’humanité, ou plutôt son extinction totale, était audacieuse, comme si un mélange de deux œuvres de Mathieu Bablet, La Belle Mort avec Carbone et Silicium, s’étaient fondues dans un manga assez puissant pour retenir toute l’attention du lecteur. En effet, il ne s’agit pas de survie ici, mais plutôt de reconnaissance, de découverte, chaque chapitre étant un petit agrégat d’émotions, d’abord insignifiantes, mais se révélant ensuite timorées, et enfin débordantes. Le lecteur est surpris de se voir ainsi trimballer de scène en scène comme un spectateur de cette apocalypse obligé de tirer des leçons des inepties de sa propre race tout en se disant que l’héroïne va bien finir par ressentir la même chose que lui, cette pitié pour cette majordome robot amoureuse de son maître vaincu par la maladie, ou bien ce cerveau qui continue d’arpenter un cinéma délabré en quête de frissons sur grand écran... La vie n’est plus présente dans ces lieux mais elle continue pourtant d’inonder la quête de cette androïde, nouvelle race surhumaine au sens propre, faisant un ménage des corps et des esprits.
© Delcourt / Iwamune
Le ménage paraît difficile dans ce décor urbain terrassé par les années et le manque d’entretien. Les immeubles sont d’un gris de béton sans fin, comme si le monde était recouvert d’une seule et même cité qui aurait tout englobé dans ce terne asphalte. Les personnages y sont rares, les ennemis viennent par poignée, et les possibles interlocuteurs se comptent sur les doigts de la main, aussi les planches contemplatives ou d’une action sans mot sont plutôt nombreuses, donnant à voir une œuvre assez tranquille, d’une philosophie plutôt pessimiste mais qui a ses maigres lueurs d’espoir, autant de petites cases d’une blancheur de nacre comparées à celles d’un gris ardoise omniprésent.
© Delcourt / Iwamune
On aurait pu penser à un survival post-apocalyptique, mais Mission in the Apocalypse est plutôt une quête d’émotions et de réflexion cathartique très efficace, dans un style urbain décrépi assez envoûtant et avec une héroïne que l’on attend au tournant des prochains tomes.
224 pages – 8,50 €