Le 7 juin 2024

- Réalisateur : Edgardo Cozarinsky
- Voir le dossier : Nécrologie
Le réalisateur argentin, également écrivain, est l’auteur d’une œuvre ambitieuse, alternant fictions et documentaires, et axée sur les problématiques de son pays natal.
News : Edgardo Cozarinsky est né dans une famille de migrants russes. Son œuvre littéraire est composée de romans (Manœuvres de nuit), d’essais (Coups de feu dans le noir) et de recueils de nouvelles (La fiancée d’Odessa), sous influence de Borges ou Henry James. Il aborde le cinéma en 1971 avec l’expérimental Puntos suspensivos o Esperando a los bárbaros. Exilé en France sous la dictature argentine, il y tourne le thriller d’auteur Les apprentis sorciers (1977) et le documentaire La guerre d’un seul homme (1981), tout en travaillant pour la télévision (Jean Cocteau, autoportrait d’un inconnu). Par la suite, Edgardo Cozarinsky se partage entre l’Argentine et la France. Son thème de prédilection est son pays natal, qu’il revisite sous l’angle historique ou en posant un regard entomologiste sur ses contemporains.
Le cinéaste dirige Dominique Sanda et Leslie Caron dans Guerriers et captives (1989) et signe les excellents documentaires Boulevards du crépuscule : Sur Falconetti, Le Vigan et quelques autres en Argentine (1992) et Le cinéma des Cahiers (2001). Grand voyageur, il réalise un biopic personnel de Chostakovitch avec Le violon de Rothschild (1996), coproduction finlando-hungaro-franco-suisse ; avant d’aborder l’immigration dans le décalé Fantômes de Tanger (1998) ; et de tourner Dans le rouge du couchant (2003) à Buenos Aires, Paris et Budapest. L’un de ses films les plus célèbres demeure Ronde de nuit (2005), portrait d’un jeune prostitué déambulant dans les rues de la capitale argentine. En 2019, la Cinémathèque française propose une rétrospective de l’œuvre du cinéaste. Edgardo Cozarinsky est décédé le 2 juin 2024 à l’âge de 85 ans.