Le 31 octobre 2024


- Scénariste : Marjorie LIU >
- Dessinateur : Sana TAKEDA
- Collection : Contrebande
- Genre : Fantastique
- Editeur : Delcourt
- Famille : Comics
- Date de sortie : 4 septembre 2024
- Durée : T.1
Une plongée dans une maison hantée et dans une famille aussi étrange.
Résumé : Deux jumeaux, Milly et Billy, sont contents de tenir un restaurant qui marche, mais lorsque leur mère, taciturne et morne, les envoie nettoyer une maison en ruines de leur quartier, ils ne se doutent pas qu’une chasse aux démons est lancée...
Critique : Après la fantasy, c’est donc le fantastique que le duo Liu/Takeda a choisi d’explorer, avec un thème commun : les démons sont autour de nous. Après Monstress, Night Eaters se veut ancré dans le monde réel, en témoigne cette histoire aux allures de réouverture post covid, déconfinement et angoisse du quotidien redéfinissant le cadre de ce récit. Évidemment, le doute qui taraude le duo de protagonistes, frère et sœur qui semblent les calques de leurs parents, ne va pas tenir bien longtemps car - spoiler alert - le surnaturel est bien présent dans ce premier volume. Et comme dans leurs comics précédents, il y aura des monstres malfaisants et un peu (pas mal) de sang. L’action n’est toutefois pas l’élément central de cette histoire, qui se concentre plutôt les relations familiales, ce lien à la fois indéniable et repoussant sur certains aspects, entre frère et sœur, parents et enfants, parents entre eux. En jouant sur des flash-backs de différentes époques (rencontre des parents, enfance des deux jumeaux), les péripéties parviennent à garder un certain rythme, que les dialogues venaient jusque là assez assouplir, voire ralentir. Mais il faut dire qu’en poussant la thématique familiale jusqu’au bout, en alternant passages ironiques et sérieux, ce Night Eaters tient toutes ses promesses pour les lecteurs habitués au style des deux autrices.
© Delcourt / Takeda
Le dessin semble lui aussi reprendre ce même style, qui donne un cadre plutôt agréable et familier aux humains, tout en prenant de belles libertés quand il s’agit d’imaginer un monstre issu des cercles des enfers ou un vieillard qui a eu droit à une mort violente. Le visage fermée de la mère devient même un élément attendu sur chaque planche pour savoir s’il va se passer quelque chose, encore qu’elle ne s’énerve pas vraiment lorsqu’elle commence à s’activer, auprès de ses plantes ou contre des adversaires. Pour le décor, serre, restaurant, rues paisibles sont rapidement mises à mal par un seul élément, cette maison qui comprend un jardin avec des ossements bizarres, une cave où la torture a laissé quelques traces, un plancher en lambeaux et ensanglanté.
© Delcourt / Takeda
Sans renier leur style propre, Marjorie Liu et Sana Takeda s’essaient maintenant au fantastique, en prenant le thème de la famille, du déracinement et de l’introspection pour faire surgir ses propres démons... mais aussi quelques autres.
208 pages – 24,95 €