Le 30 octobre 2026
John Waters signe une comédie noire et satirique, portée par une Kathleen Turner déchaînée, qui tourne en dérision le conformisme familial, le conservatisme américain et une société avide de sensationnel.
- Réalisateur : John Waters
- Acteurs : Sam Waterston, Matthew Lillard, Kathleen Turner , John Waters, Ricki Lake, Justin Whalin
- Genre : Comédie policière
- Nationalité : Américain
- Distributeur : UGC Distribution
- Durée : 1h35mn
- Titre original : Serial Mom
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans
- Date de sortie : 25 mai 1994
- Festival : Festival de Cannes 1994
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Résumé : Beverly est en apparence une respectable mère de famille, aimante et attentionnée. Mais elle a un petit défaut : Beverly n’aime pas qu’on la contrarie, elle, son mari ou ses enfants. C’est ainsi que des membres du voisinage vont disparaître, assassinés dans des conditions mystérieuses.
Critique John Waters est résolument un cinéaste à part dans le paysage hollywoodien. Le réalisateur met une nouvelle fois en scène sa muse Baltimore dans Serial Mother, sorti en 1994.
Il met en scène une famille bien sous tous rapports en apparence, avec une Kathleen Turner en mère modèle. Mais si l’on gratte un peu, on se rend compte d’une folie latente prête à exploser au grand jour. C’est tout simple, n’essayez pas de la contrarier. Dans le meilleur des cas, vous recevrez des coups de fil bizarres où elle vous traitera de tous les noms (on ne peut pas dire de gros, elle aussi en est incapable). Mais dans le pire des cas, le simple fait de mâchouiller un chewing-gum peut vous conduire à la morgue en quelques passages de roues.
Beverly Sutphin (Kathleen Turner) est tout simplement inventive dans sa façon de procéder. Un couteau de cuisine ? Trop classique, un gigot d’agneau fera l’affaire pour fracasser un crâne. Sans parler des mobiles tous, plus farfelus les uns que les autres (en est-on vraiment sûr d’ailleurs ? Parce que ne pas trier ses ordures, c’est quand même scandaleux).
Mais au-delà des situations dramatiques tournées au ridicule, John Waters dresse un portrait peu flatteur d’une Amérique et d’un peuple prêt à tout pour un petit billet et un moment de gloire. Le conservatisme de maman et papa est mis au pilori, exposé pour son absurdité et son aspect le plus simpliste.
Sur son aspect technique, Serial Mother ressemble à un film du dimanche après-midi, très éclairé et volontairement surjoué. Ce qui fait son charme et son statut de film culte. On ne passera bien sûr pas à côté des multiples références sur les tueurs en série et à la culture populaire.
On peut penser qu’avec l’âge, John Waters aurait manqué d’inspiration. Serial Mother prouve au contraire qu’il avait encore des idées mais aussi une franche envie de se moquer une nouvelle fois de la Grande Amérique. À l’instar d’un Paul Verhoeven avec son Starship Troopers.
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