Le 22 août 2026
Le douloureux cas de conscience d’une jeune femme qui découvre, sans vraiment vouloir l’admettre, la part d’ombre de ce grand frère qu’elle idéalise depuis toujours.
- Réalisateur : Sarah Mario Fischer
- Acteurs : Marie Bloching, Anton Weil, Proschat Madani, Laura Balzer
- Genre : Drame
- Nationalité : Espagnol, Allemand
- Distributeur : Memento Distribution
- Durée : 1h36mn
- Titre original : Schwesterherz
- Date de sortie : 2 septembre 2026
- Festival : Festival de Berlin 2025
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Résumé : Rose est très proche de son frère aîné Sam, qu’elle adore. Lorsqu’une femme accuse Sam de viol, Rose est appelée à témoigner dans le cadre d’une enquête menée à son encontre.
Critique : Le film démarre par une première rupture. Celle de Rose (Marie Bloching), une jeune femme un peu perdue, qui n’a pas vraiment confiance en elle, qui cherche encore sa voie et a tendance à compter sur les autres. Elle vient tout juste de se séparer de sa compagne, et trouve tout naturellement refuge chez son frère. Ce grand frère qui l’a toujours protégée, auprès de qui elle se sent en totale sécurité. Avec lui, elle retrouve immédiatement la complicité de leur enfance. Un soir, alors qu’il rentre accompagné d’une femme, elle entend quelques bruits de voix étouffés. Rien de plus. Aussi, est-elle stupéfaite de recevoir, quelques jours plus tard, un appel à témoignage de la part de la police de Berlin, suite à une plainte pour viol déposée contre son frère. Si, d’emblée, elle réfute cette allégation, le doute finit néanmoins par s’installer.

- Crédit : Selma von Polheim Gravesen
Avec ce premier long-métrage, la réalisatrice allemande Sarah Miro Fischer aborde avec une rare délicatesse le sujet moult fois traité des violences sexuelles et se penche surtout sur les conséquences subies par l’entourage de celui qui les a commises. Se désintéressant de l’aspect judiciaire, la cinéaste fait le choix de ne s’attacher qu’aux tourments émotionnels de Rose (Marie Bloching), assumant de gommer les points de vue de la victime et du présumé coupable. Distillés avec parcimonie, un coup d’œil insaisissable, une intonation de voix étouffée, quelques silences interminables créent une élégante subtilité, sans toutefois parvenir à éviter une légère pointe de torpeur, tant la retenue, prisonnière d’une mise en scène d’une totale sobriété, est exacerbée. Fort heureusement, le jeu de la jeune actrice allemande Marie Bloching (qui s’est fait connaître grâce au rôle de Lia dans la série Die Discounter), capable de transmettre mille nuances, accorde à ce personnage ébranlé une crédibilité remarquable. On la suit avec intérêt dans sa volonté de continuer à mener une vie préservée, même si ses relations avec les autres se trouvent de plus en plus affectées par cet insupportable jeu de la vérité auquel elle n’avait jamais imaginé devoir être un jour confrontée.

- Crédit : Selma von Polheim Gravesen
La fin, hâtive et surprenante, tombe comme un couperet, tranchant avec le ton nuancé adopté, tout au long du récit, pour nous décrire les atermoiements de cette sœur bouleversée. Mais sans doute ce changement de rythme est-il nécessaire pour impulser une réflexion nouvelle. Les prédateurs sexuels nous semblent toujours être des monstres étrangers à notre quotidien. Pourtant, il arrive qu’il s’agisse de personnes que l’on connaît et que l’on aime. Avoir le courage d’aborder de front ce traumatisme plutôt que de l’enfouir devrait représenter une étape supplémentaire dans prise en compte des violences faites aux femmes.
Si ce coup d’essai ne se transforme pas tout à fait en coup de maître, ce premier long-métrage recèle assez d’atouts pour susciter l’envie de connaître la suite de la filmographie de cette jeune réalisatrice à la sensibilité prometteuse.
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