Le 30 août 2026
Dans ce sympathique film fantastique alpin, Paolo Strippoli propose une réflexion sur la nécessité des communautés à avoir la foi.
- Réalisateur : Paolo Strippoli
- Acteurs : Paolo Pierobon, Michele Riondino, Anna Bellato , Romana Maggiora Vergano, Sergio Romano, Giulio Feltri
- Genre : Drame, Fantastique
- Nationalité : Italien, Slovène
- Distributeur : Grindhouse Paradise Pictures
- Durée : 2h02mn
- Titre original : La valle dei sorrisi
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
- Date de sortie : 2 septembre 2026
- Festival : Festival de Venise 2025
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Résumé : Lorsque Sergio, un enseignant hanté par son passé, est muté à Remis, un petit village de montagne réputé pour être le plus heureux d’Italie, l’endroit semble idéal pour prendre un nouveau départ. Mais l’apparente quiétude de cette « vallée des sourires » cache un étrange secret : chaque semaine, les habitants se rassemblent autour de Matteo, un adolescent que l’on dit capable d’absorber la douleur des autres.
Critique : The Holy Boy s’ouvre sur une communauté qui semble suspendue à une promesse de salut, mais le film déplace rapidement son centre de gravité. Ce qui fascine n’est pas, éventuellement, l’existence du surnaturel ; c’est la manière dont un village construit les conditions nécessaires pour continuer d’y croire. La foi devient un mécanisme collectif, presque une technologie sociale où chaque corps se voit attribuer une fonction.
Le jeune Matteo se retrouve comme un support plutôt que comme un élu. Strippoli refuse de l’ériger en figure christique au sens traditionnel. Sa mise en scène s’attache au contraire à enregistrer son effacement progressif. Les cadres, rigoureusement composés, enferment le personnage dans une architecture humaine où la profondeur de champ cesse d’ouvrir l’espace pour mieux le refermer sur lui. Chaque apparition publique ressemble à une cérémonie dont le protocole importe d’avantage que la vérité du miracle.

- © 2026 Grindhouse Paradise Pictures
Le cinéaste fait de cette ritualisation le véritable moteur dramatique. Les processions, les chants, les silences et les regards produisent une atmosphère angoissante et un ordre du monde. Les voix se mêlent aux respirations, les résonances naturelles prolongent les liturgies jusqu’à brouiller la frontière entre environnement et croyance. L’angoisse est une contagion lente de l’espace par le rite.
On se retrouve avec une imagerie mystique qui s’attarde sur les montagnes omniprésentes à l’horizon. Ces paysages imposent une verticalité minérale hostile, où les personnages apparaissent minuscules face à une nature qui ne délivre aucun signe. La montagne devient le prolongement physique d’une communauté incapable de penser autrement que dans cette verticalité, avec au sommet Matteo.

- © 2026 Grindhouse Paradise Pictures
Dans le paysage du folk horror, The Holy Boy se démarque. On ne cherche plus à nous opposer scolairement tradition et modernité. Il s’agit de montrer comment une société organise la circulation de la douleur. Le miracle n’efface pas le deuil mais lui donne une forme acceptable. Chaque croyance apparaît comme une manière de redistribuer la souffrance pour le groupe, quitte à l’incarner dans un individu condamné à porter ce poids pour les autres.
Sans jamais sacrifier les exigences du cinéma de genre, le film fait naître l’horreur dans l’adhésion collective dune fiction nécessaire. Derrière les images de ferveur se dessine une réflexion plus vaste sur le besoin humain de fabriquer des récits capables de donner un sens à la perte. C’est dans cet équilibre entre puissance sensorielle et acuité politique que The Holy Boy donne sa singularité : un film sur la nécessité parfois terrifiante d’inventer du sacré.
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