Le 18 mai 2026
Adolfo Bioy Casares (1914-1999) écrit ce court roman, ou cette longue nouvelle, où le fantastique s’insinue dans le quotidien d’un chauffeur de taxi. Il propose de suivre un simple habitant de la ville confronté à la dureté du monde ambiant et qui un jour ne l’accepte plus.
- Auteur : Adolfo Bioy Casares
- Collection : Pavillons Poche
- Editeur : Robert Laffont
- Genre : Roman
- Nationalité : Française
- Traducteur : Eduardo Jimenez
- Date de sortie : 26 février 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
L'a lu
Veut le lire
Résumé : « Un champion fragile » débute un jour comme un autre. Luis Angel Morales prend dans son taxi deux personnages, un petit et un grand, qu’il identifie comme deux médecins ou deux chercheurs. Ils échangent courtoisement pendant le trajet jusqu’à ce que le plus âgé fasse un malaise. Luis aide le second à monter le professeur dans sa chambre d’hôtel. C’est là que les deux hommes proposent au chauffeur étonné de tester une boisson. Luis hésite et finit par se laisser convaincre. À partir de là, insensiblement, sa vie change et prend une curieuse tournure.
Critique : Le début de ce récit est totalement anodin et pourtant, on dénote déjà une discrète étrangeté avec les deux clients embarqués, le malaise de l’un et leur proposition. Luis Angel Morales n’est pas un héros, ou plutôt, il a peut-être toutes les caractéristiques du héros de récit fantastique dans le sens où il n’a rien d’extraordinaire en lui. Il a son travail qu’il fait du mieux qu’il peut ; il ne supporte pas l’injustice, mais n’a pas la carrure qui lui permet d’aider les autres ; il est célibataire, attristé par un amour passé. Il a quelques amis, certains fidèles, d’autres moins, rien qui ne sorte de l’ordinaire. Et quand le fantastique arrive, il s’introduit petit à petit jusqu’à transformer Luis sans qu’il s’en rende vraiment compte. Luis refuse de voir la réalité en face, les conséquences de ses choix, mais d’autres la lui renvoient et nous, lecteurs d’aujourd’hui, avons parfaitement saisi l’enjeu. Mais il nous manque quelques détails, quelques informations. Adolfo Bioy Casares nous entraîne avec une étonnante facilité dans cette histoire où l’on se demande sans cesse comment l’intrigue va évoluer, en suivant le taxi de Luis Angel Morales qui erre dans les rues de la ville. L’auteur respecte les codes de la nouvelle fantastique et nous étonne quand même. Est-ce que c’est cette violence qui règne dans la ville, agression, femmes battues, enlèvements ? Tout cela semble faire partie d’un morne quotidien, d’une vie de mégalopole urbaine qui craque de tout côté. Et Luis est témoin extérieur, jusqu’au moment où il en devient acteur. Mais parviendra-t-il à garder une vision saine des situations qu’il rencontre ? Où se laissera-t-il corrompre par le fonctionnement de la grande ville, ou par sa propre personnalité ? Derrière cette nouvelle fantastique, Adolfo Bioy Casares pointe les travers de l’âme humaine tout autant que ceux des hommes entassés en société.
On progresse en se construisant des fins possibles et quand la conclusion arrive, on en reste étonné. On se retrouve face à un moment suspendu, déroutant.
Un champion fragile nous entraîne dans un récit fantastique, une intrigante déformation du mythe du super-héros confronté à la violence des villes.
128 pages – 9,90 €
La chronique vous a plu ? Achetez l'œuvre chez nos partenaires !
Galerie photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.



























