Le 14 avril 2026
Quand un certain Éric Rohmer des temps modernes s’invite entre l’Absurdie et la Côte d’Azur, cela donne ce petit régal de cinéma avec une Agathe Bonitzer au meilleur de son jeu.
- Réalisateurs : Alexia Walther - Maxime Matray
- Acteurs : Nathalie Richard, Agathe Bonitzer, Christophe Paou, Marc Susini
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Français
- Distributeur : UFO Distribution
- Durée : 1h42mn
- Date de sortie : 15 avril 2026
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Sur la Côte d’Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine, employée municipale, s’improvise alors détective. Personne n’a rien vu mais tout le monde a son mot à dire et Géraldine aura du mal à ne pas se laisser submerger par les potins, les théories et les croyances de chacun. Et ce n’est pas le retour inopiné de sa mère qui va lui faciliter la tâche. Une petite ville, c’est bien connu, c’est plein de petits crimes...
Critique : On n’avait plus vu sur les écrans la délicieuse Agathe Bonitzer depuis Le dernier souffle de Costa-Gravas, film défendu sur notre site, mais jugé décevant par beaucoup de critiques. L’actrice revient dans un objet de cinéma bourré de charme, qui se présente à la fois comme un film dans l’esprit de la Nouvelle Vague et une sorte de conte extravagant où les personnages cultivent l’art du détournement et du mystère. Affection affection détonne, aussi bien par son titre décalé et drôle que par le contenu du récit, à peine racontable. Car le long métrage ne se décrit moins qu’il ne se laisse voir, embarquant les spectateurs dans un univers pour le moins étrange où la bourgeoisie de la Côte d’Azur se confronte à l’ineptie et l’absurdité des choses.
Dans un décor adéquat qui évoque Nice ou Saint-Tropez, on trouve un maire inquiété par ce qui ressemble à de gentils mafieux, plus poètes que criminels ; un policier désinvolte, une agente chargée de la sécurité animale. Sont déployées des méthodes complètement loufoques pour résoudre les enquêtes. Alexia Walther et Maxime Matray ont choisi l’amusement pour donner chair à cette histoire où les disparitions abondent, à commencer celle d’un petit chien blanc qui ressemble étrangement à un sachet plastique.

- Copyright EcceFilms
Le ton à l’humour et à l’ironie est donné dès l’ouverture. Et pourtant, Agathe Bonitzer, qui occupe le devant de la scène, joue son personnage avec un grand sérieux, veillant à ne jamais tomber dans le grotesque. Elle incarne une femme un peu perdue, vaguement amoureuse du maire, occupée à rechercher un chien, pendant qu’autour d’elle des personnages proches apparaissent autant qu’ils disparaissent. Les réalisateurs s’en prennent à une certaine bourgeoisie désinvolte sans non plus céder à la facilité de la critique acerbe et sans nuance. Chacun des personnages est d’une drôlerie évidente. Il faut aller au cinéma pour trouver dans une ville estivale des chercheurs de mines qui ratent leur coup, des ordinateurs surpuissants dont l’intelligence artificielle détecte les disparitions, et des mères qui reviennent sur un coup de tête d’un séjour de plusieurs décennies en Thaïlande.

- Copyright EcceFilms
Affection affection est attachant, hautement original, certes d’un abord assez difficile pour ceux qui aiment trouver au cinéma des histoires réalistes ou linéaires. Pour autant, le film n’a rien d’intellectuel, au sens négatif du terme. Il s’agit d’une comédie dramatique, moins dramatique d’ailleurs qu’humoristique, divertissante, qui joue avec les codes de la farce et de la Nouvelle Vague. Tourné dans plusieurs villes de la Côte d’Azur dont Sainte-Maxime, le long-métrage s’amuse à détourner le film estival pour une aventure déjantée où rien ne tourne rond.
Affection affection est également un film d’acteurs. Les rôles de composition à commencer celui d’Agathe Bonitzer se multiplient : un maire justicier, pas si vertueux qu’il n’en paraît ; une adolescente émancipée avec d’étranges fréquentations ; une mère névrotique ; un policier plutôt désinvolte et aux méthodes assez radicales, deux chercheurs de mines enterrées aux allures baba cool ; un père attachant et sympathique à qui bien des malheurs arrivent. On est dans le théâtre de la vie bourgeoise des bords de mer où chacun cherche à trouver un sens à une existence bien terne. L’héroïne, tour à tour Géraldine ou Gégé, promène sa bonhomie triste, à la recherche d’un équilibre qu’elle peine à trouver entre son amant contrarié et ses parents dérangés.
Galerie Photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.



















