Le 27 septembre 2026
Que reste-t-il de nous lorsque plusieurs années de notre existence disparaissent de notre mémoire ? Avec Ana is lost, Samantha Feitelson part d’une situation aussi vertigineuse qu’efficace : après un accident et deux mois de coma, Anaïs revient dans une vie dont trois années lui échappent totalement.
- Auteur : Samantha Feitelson
- Editeur : Beta Publisher
- Genre : Roman
- Nationalité : Française, Suisse
- Date de sortie : 18 septembre 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : Après un accident et deux mois de coma, Anaïs se réveille avec trois années de sa vie effacées de sa mémoire. De retour auprès de son compagnon et de sa famille, elle tente de retrouver ses repères, mais certains détails viennent peu à peu ébranler ce qu’on lui raconte de son passé. Entre souvenirs perdus, secrets, sentiments inattendus et quête d’identité, Anaïs va devoir découvrir qui elle était… et surtout choisir qui elle veut devenir.
Critique : Anaïs retrouve un appartement qui devrait être le sien, un compagnon, Jean, qui l’aime, et une mère omniprésente qui cherche à la protéger. Tout semble être à sa place. Pourtant, quelque chose ne colle pas.
C’est dans ce décalage que le roman trouve rapidement sa force. Anaïs reconnaît certaines habitudes, certaines sensations, mais ne reconnaît plus réellement sa propre existence. Les objets qui l’entourent semblent raconter l’histoire d’une autre femme. Même ses sentiments deviennent suspects : ressent-elle encore ce qu’elle ressentait autrefois, ou essaie-t-elle simplement de correspondre à celle que son entourage lui décrit ?
Samantha Feitelson fait alors de l’amnésie bien davantage qu’un prétexte romanesque. Elle s’en sert pour parler d’identité, d’intimité et surtout de liberté. Anaïs veut retrouver ses souvenirs, évidemment, mais sa véritable reconstruction passe progressivement par quelque chose de plus complexe : apprendre à faire confiance à ses sensations présentes.
Et les détails commencent à troubler le tableau.
Des cahiers de dessins disparus, des objets qu’elle ne retrouve pas, des réactions qu’elle ne comprend pas… jusqu’à cette rencontre avec un homme qui semble connaître une autre version d’elle-même. Celle qu’il appelle « Ana ».
Le doute s’installe alors doucement, sans que le roman abandonne pour autant sa dimension sentimentale. Car Ana is lost est une romance lesbienne, mais une romance dont l’intérêt repose justement sur le chemin nécessaire pour parvenir jusqu’aux sentiments. Avant de pouvoir aimer pleinement, Anaïs doit comprendre ce qu’elle veut, ce qu’elle refuse et surtout qui elle souhaite désormais être.
C’est aussi ce qui rend l’héroïne attachante. Sa reconstruction ne passe pas uniquement par de grandes révélations. Elle se joue dans des gestes ordinaires : sortir seule, prendre une décision, exprimer une envie, accepter un désir ou au contraire reconnaître son absence. Chaque petite victoire lui permet de reprendre possession d’une existence sur laquelle les autres semblent avoir beaucoup à dire.
Le ton adopté par Samantha Feitelson apporte de la légèreté à cette matière pourtant sensible. Anaïs possède de l’humour, de l’autodérision et une voix intérieure suffisamment vivante pour empêcher le récit de sombrer dans une atmosphère constamment pesante. Certaines scènes, notamment celles avec sa psychologue, permettent ainsi de respirer entre deux moments de doute.
L’autrice propose également une idée originale pour les passages les plus intimes : le lecteur peut choisir entre une version plus explicite et une version davantage romantique. Une liberté de lecture qui s’accorde plutôt bien avec un roman dans lequel la notion de choix occupe justement une place essentielle.
Ana is lost raconte finalement une double histoire. Celle d’une femme qui cherche les trois années qu’on lui a retirées, et celle d’une femme qui découvre qu’elle n’est peut-être pas obligée de retrouver exactement celle qu’elle était.
Entre romance, secrets, reconstruction et quête identitaire, Samantha Feitelson signe ainsi un récit sentimental qui pose une jolie question en filigrane : retrouver son passé est-il vraiment le seul moyen de savoir qui l’on est ? Peut-être faut-il parfois accepter d’être perdue avant de pouvoir choisir soi-même le chemin du retour.
404 pages - 24 € (broché)
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