Le 10 mai 2026
Entre l’arrogance du gouvernement israélien et l’abandon du peuple gazaoui, la réalisatrice israélienne Anat Even pose un regarde sensible et personnel sur l’absurdité de la guerre et plaide pour un pacifisme pourtant bien utopique.
- Réalisateur : Anat Even
- Genre : Documentaire, Politique
- Nationalité : Français
- Distributeur : JHR Films
- Durée : 1h18mn
- Date de sortie : 6 mai 2026
- Festival : Festival de Berlin 2026
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Résumé : Peu après le 7 octobre 2023, Anat retourne dans ce qui était autrefois sa maison. Elle erre et filme pendant plus de deux ans dans ce kibboutz incendié et sur des terres agricoles transformées en machines de destruction. Au-delà de la clôture, Gaza est anéantie.
Critique : Anat Even est une cinéaste et auteure israélienne. Collapse, comme ces quatre précédents documentaires, abordent les thèmes de la mémoire, de l’identité et de l’appartenance, proposant une réflexion critique sur la société israélienne. Elle a longtemps vécu dans le kibboutz Nir Oz, là où a eu lieu le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Dès que les infrastructures routières l’ont permis, elle est retournée dans cet endroit familier pour prendre des nouvelles de ses amis. Dans un premier temps, elle filme dans le seul but de constituer des archives. Mais ce qu’elle découvre est à ce point sidérant qu’elle y retourne plusieurs fois pour tenter de se réapproprier ce lieu qu’elle ne reconnaît plus. Déjà submergée par le chagrin, la rage et la confusion face à ces terres agricoles fertiles transformées en champs de bataille, elle constate, de surcroît, le désir de vengeance qui bout chez quelques-uns de ses compatriotes, manipulés par des hommes politiques, porteurs de haine et de divisions. Troublée par l’état d’esprit de ce pays auquel elle appartient, elle ressent le besoin de partager ses interrogations avec son ami Ariel Cypel, un auteur et metteur en scène de théâtre. S’il est israélien comme elle, il vit en France depuis longtemps et elle espère donc que l’éloignement permettra de lui offrir un point de vue divergent. S’engage alors une confrontation épistolaire parfois houleuse qui ne prétend pas s’enfermer dans une objectivité rigide mais tente plutôt de jeter un filet entre histoire personnelle et appareils politiques, afin d’appréhender au mieux des événements qui dépassent toute logique.

- Copyright JHR Films
La particularité de ce documentaire est de ne jamais se nourrir d’images spectaculaires pour décrire la réalité de la guerre. Car si les stigmates de l’attaque du 7 octobre laissent planer une lugubre torpeur, c’est bien de l’autre côté de la frontière que se déroule la tragédie. Mais comment rendre compte de la situation à Gaza ? Ici, on croise quelques animaux errants, on peut entendre le chant des oiseaux, la nature commence à reprendre ses droits. De là-bas, on ne perçoit que le bruit des bombes qui explosent, des avions qui sillonnent le ciel, le vacarme assourdissant des cohortes d’engins militaires qui écrasent tout sur leur passage. Quelques témoignages confirment l’enchevêtrement du conflit. Pendant qu’un médecin de Gaza alerte sur l’ampleur du désastre sanitaire, un soldat israélien déplore le déploiement des convois humanitaires, tandis qu’un peu plus loin une militante utilise des termes insultants à l’égard de ses voisins assiégés.
Suggérer plutôt que démontrer autorise une multiplicité de réflexions nées de ce décalage entre cette sobriété visuelle assumée et la violence des combats évoqués. Une dichotomie qui donne tout son intérêt à la description avisée de cette guerre absurde et fait de Gaza, pourtant hors champ, un acteur de premier choix.
Œuvre parfaitement maîtrisée, Collapse n’a pour but ni de convaincre, ni de diviser. Bien au contraire, ce documentaire puissant propose un panorama assez diversifié pour permettre à chacun de se forger sa propre opinion.
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