Le 5 mai 2026
Cette rencontre entre un indigène poussé à la rue par les autorités locales et une riche intellectuelle esseulée et malade est tout simplement un petit joyau de poésie, de beauté et d’émotions.
- Réalisateur : Germinal Roaux
- Acteurs : Ángela Molina, Andrés Catzín, Marco Treviño, Erandeni Durán, Abraham Sarabia
- Genre : Drame, Noir et blanc
- Nationalité : Français, Suisse, Mexicain
- Distributeur : Nour Films
- Durée : 2h30mn
- Date de sortie : 6 mai 2026
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Résumé : Dans un village oublié du Yucatan, Leon, gardien maya des secrets de la nature et des esprits, va être chassé de ses terres. Son chemin croise celui de Lena, riche femme de lettres récemment arrivée de Mexico. Malgré leurs différences, une connexion profonde se forme entre eux.
Critique : Il s’appelle Leon et il n’a plus que sa maison, au milieu des forêts épaisses de l’Amérique du Sud que les autorités détruisent pour construire des infrastructures. Il a perdu son frère, bientôt les grues auront pulvérisé sa modeste baraque et il n’aura plus qu’à implorer les divinités naturelles pour trouver quelque espoir. Mais un chien perdu le met en contact avec une riche femme de lettres, Lena, récemment arrivée à Mexico, qui cultive à sa manière une douce désespérance. Et alors, entre les deux êtres, s’élève une autre voie, celle de la poésie, de la spiritualité et de l’affection.
Cosmos de la Mexicaine Germinal Roaux est tout entier filmé en noir et blanc. La réalisatrice semble d’ailleurs moins cinéaste que photographe, tant elle apporte un soin exceptionnel à la lumière, aux contrastes des couleurs et formes, offrant ainsi au récit une dimension quasi poétique. La forêt est très présente dans cette fiction simple mais profonde jusqu’au moment où Leon, chassé de son domicile, s’installe chez Lena. Aux arbres qui commencent à flamber, succède la froideur d’une villa grandiose où peu à peu la nature parvient à reprendre ses marques. Chacun échange sur ses croyances, l’une dans le langage de la littérature qu’elle maîtrise, l’autre dans celui de la magie et des divinités qui se cachent dans l’univers. Le long-métrage s’invite alors comme une magnifique ode à l’amitié et à la spiritualité, où chacun grandit dans le regard et la parole de l’autre.

- Copyright Nour films
La beauté du film est d’abord présente dans le rythme très lent, voire contemplatif, des espaces où les personnages se meuvent. La mise en scène va chercher avec beaucoup de pudeur tout ce qui peut suggérer l’émotion, qu’il s’agisse de ces très beaux plans fixes de la nature ou des pièces de vie, ou encore de la musique épurée qui surgit d’une chaine stéréophonique. Et il y a ces visages qui soudain s’éclairent, remettant en cause toutes les frontières sociales et culturelles qui opposent habituellement les individus. La caméra les regarde danser, rire, et soudain le drame s’efface au bénéfice de la douceur de vivre.
Dans une certaine mesure, on pense au très grand India Song de Marguerite Duras, particulièrement à partir de la deuxième partie du film, qui se passe essentiellement dans le palais de Lena. Les prises de vue jouent magnifiquement avec les extérieurs, grâce à un travail sur la lumière de toute beauté. Même la mort, pourtant très présente dans le récit, ne semble pas menaçante pour les personnages qui l’habitent à leur façon avec une grande sérénité. Même le son d’un couteau qui coupe des légumes sur une planche à cuisiner se transforme en un espace féérique, de toute beauté.

- Copyright Nour films
Cosmos s’affiche comme un film totalement original parmi les sorties du moment. Il constitue une invitation à la douceur, à la paix, la mise en scène se chargeant subtilement de faire grandir l’émotion. Jusqu’à cette séquence sublime où une voix de cantatrice s’élève dans la maison devenue vide depuis que Lena a été hospitalisée. Et Leon, au lieu de céder à la détresse, s’applique à arroser les plantes, attendant patiemment que sa nouvelle amie revienne vivre chez elle.
Le titre, aussi puissant que le contenu du long-métrage, ouvre beaucoup d’énigmes. On comprend au fil de la narration que l’enjeu de ce récit transcende les humanités qui se rencontrent, et interroge un au-delà d’une immense spiritualité. La vieillesse, le corps qui se défait, les forêts qui brûlent, la colère qui s’empare des visages : rien ne contrarie ce mouvement inéluctable vers un ailleurs plus grand. Plus aucun langage alors, qu’il s’agisse de la langue poétique de Lena ou celle issue des dialectes locaux de Leon, ne s’oppose au chant d’amour qui se noue entre les deux protagonistes.
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