Le 17 mai 2026
Un très beau film sur le réenchantement où sciences physiques, poésie et romantisme convoquent ensemble le cinéma.
- Réalisateur : Yukiko Sode
- Acteurs : Tadanobu Asano, Yukino Kishii
- Genre : Comédie dramatique, Romance
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Art House Films
- Titre original : Subete mayonaka no koibitotachi
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Fuyuko mène une vie discrète et solitaire, rythmée par son travail de traductrice et quelques rares sorties avec une collègue extravertie. Sa rencontre fortuite avec un professeur de physique, avec qui elle partage une fascination pour la lumière, vient peu à peu bousculer ses habitudes. À son contact, Fuyuko commence à regarder le monde différemment, sort de son isolement et se confronte, pour la première fois, à ce qu’elle n’avait jamais osé vivre.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : C’est sans doute la première fois que la réalisatrice Yukiko Sode offre sur les écrans français un de ses films. Pour tout dire, si l’on aime le cinéma japonais, on sera conquis. Les autres trouveront le propos long, voire ennuyeux. En réalité, De toutes les nuits, les amants est une œuvre d’une beauté spirituelle incontestable. L’héroïne, Fuyuko, corrige à longueur de journée des manuscrits où se nichent des fautes de calligraphie. Elle noie sa solitude avec quelques sorties sans intérêt en compagnie d’une éditrice qui l’emploie, et surtout, une consommation de saké quotidienne et excessive. Mais parfois, l’ivresse a ses avantages puisqu’elle perd ses papiers dans un centre culturel et fait la connaissance d’un homme plus âgé qu’elle, professeur de sciences physiques, qui va la transformer.

- Copyright Bitters End
De toutes les nuits, les amants dure en effet plus de deux heures. Le long-métrage prend le temps de dérouler le portrait d’une jeune Japonaise, désenchantée et seule, en écho sans doute à certaines personnes solitaires qui succombent au suicide dans ce pays. Elle consomme de l’alcool pour tenir le coup, noyant ses pensées dans la rigueur de la calligraphie.
Deux acteurs exceptionnels tiennent l’affiche pendant tout le long-métrage. Il y a d’abord Tadanobu Asano, dont la filmographie est immense, qui incarne ce professeur de physique, expert dans le phénomène de la lumière. Il parle de sciences physiques comme on lirait un poème, avec une voix d’une douceur inouïe. Il a pour partenaire Yukino Kishii qui incarne l’héroïne avec une pudeur et une grâce exceptionnelles. Pas d’effusions sentimentales, ni trop de retenue. Les interprètes sont justes, à leur bonne place. De surcroît, et ce n’est pas désagréable, le film présente des moments très drôles, en dépit du climat assez triste de l’ensemble. On pense notamment à cette scène où les deux protagonistes partagent un repas ultra-bio où ils doivent même déguster une soupe de terre.

- Copyright Bitters End
De toutes les nuits, les amants est une œuvre exigeante. Mais le cinéma a le droit d’attendre de ses spectateurs un peu de patience. L’effort demandé est formidablement compensé par des images du Japon urbain de toute beauté.
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