Le 16 mai 2026
Dans un style très différent de ce que Rodrigo Sorogoyen nous avait habitués, le cinéaste offre une page d’une magnifique densité sur la tentative de réparation d’une relation fille mère. Une œuvre rare.
- Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
- Acteurs : Javier Bardem , Marina Foïs, Raúl Arévalo, Raúl Prieto, Victoria Luengo, Miguel Garcés
- Genre : Drame
- Nationalité : Espagnol, Français
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 2h15mn
- Date de sortie : 16 mai 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Les films sur le cinéma sont nombreux, comme à chaque fois des opportunités pour mettre la focale sur un septième art qui ne peut se dissocier de ceux qui le fabriquent. Car L’être aimé raconte avant tout un tournage, avec à sa tête un réalisateur important qui décide, à quelques jours du commencement, de placer sa fille comme actrice principale. Cette dernière mène une vie ordinaire, comme serveuse dans un bar et a joué dans un série télévisée. Elle n’a pas revu son père depuis longtemps et cette invitation à participer à un tournage remue un passé compliqué où l’alcool et la violence avaient beaucoup de place. D’ailleurs, la mère de l’actrice a elle-même participé au premier film du réalisateur, à la suite de quoi le couple s’est séparé.
Rodrigo Sorogoyen nous a habitués à un cinéma brutal, qui s’approche plus du thriller. Ici, la violence est tout autre. Elle est sourde, insidieuse, et se révèle peu à peu au cours du tournage où tant le père que la fille sont convoqués à revisiter les brides de leur histoire commune. On apprend beaucoup sur le cinéma, et justement les scènes où l’équipe filme les prises sont d’une remarquable virtuosité. Filmer la fabrication d’un film relève véritablement d’un tour de magie. En effet, le (vrai) réalisateur doit à la fois conduire ses acteurs et se projeter dans le cinéaste qu’il met en scène, sans tomber dans la faute de goût ou l’invraisemblance. En réalité, le spectateur a l’impression de visionner un making-off d’un long-métrage, doublé des tempêtes émotionnelles qui traversent le père et sa fille.

- © Manolo Pavón / 2026 Caballo Films. Tous droits réservés.
L’être aimé peut se lire dans une double acception. D’abord, c’est le regard que porte le père sur sa fille : des années de silence, de malentendus, d’inconnu le séparent d’elle ; et il ne sait pas s’il filme avant tout une actrice ou sa fille. Ensuite, c’est le regard que porte la fille sur son père, un regard forcément tourmenté car elle a été quittée trop tôt, à un moment où plus que jamais on a besoin de son père. Ainsi, c’est bien le cinéma qui les a séparés, ce qui rend encore plus sensible la dédicace de Sorogoyen à son propre père en fin de générique.

- © Manolo Pavón / 2026 Caballo Films. Tous droits réservés.
L’être aimé est une œuvre d’une grande densité émotionnelle et romanesque. Le réalisateur cultive un don inouï pour la gestualité de ses comédiens, ce qui apporte au récit une dimension assez extraordinaire. La musique, quasi symphonique, nourrit un film qui a pour ambition à la fois de parler de cinéma et de visiter toute l’épaisseur des personnages représentés. Il s’agit d’un long métrage virtuose qui mêle brillamment différents niveaux de réalité, en sus d’une réflexion très précieuse sur l’acte de création.
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