Le 29 mars 2026
Une histoire d’amour en forme de thriller pour observer au plus près les fractures sociales et culturelles franco-marocaines. Une réussite.
- Réalisateur : Meryem Benm’Barek
- Acteurs : Carole Bouquet, Olivier Rabourdin, Sara Giraudeau, Driss Ramdi, Nadia Kounda
- Genre : Drame
- Nationalité : Français, Belge, Marocain, Qatari
- Distributeur : Pyramide Distribution
- Durée : 1h34mn
- Date de sortie : 1er avril 2026
- Festival : Festival international film Marrakech 2025
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Résumé : À Tanger, Mehdi voit sa relation avec Selma bouleversée lorsqu’il rencontre Marie, une riche Française dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la Casbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d’ignorer que ses choix le rattraperont.
Critique : Le cinéma n’en finit plus d’explorer les facettes de Tanger, ville marocaine à quelques encablures de la côte espagnole, entre Atlantique et Méditerranée. Si Rue Málaga de Maryam Touzani nous la présentait grouillante, chaleureuse et colorée, le regard de Meryem Benm’Barek se fait plus énigmatique, entre désirs et tensions. La lumière douce de celle que l’on surnomme « la perle du détroit de Gibraltar », ses plages de sable blanc et ses allées de palmiers pourraient bien abriter quelques réalités moins idylliques. Après Sofia, prix du scénario Un Certain Regard à Cannes en 2018, film âpre dénonçant le statut encore figé dans la tradition de la femme marocaine, ce deuxième film porte le regard sur un homme, tiraillé entre ses véritables aspirations et une obligation d’ascension sociale essentiellement dictée par la femme qu’il aime, au point de devenir l’acteur de sa propre chute.

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Diplôme d’architecte en poche, Mehdi (Driss Ramdi) travaille dans l’entreprise de bâtiment et travaux publics de son père. Pour ce dernier, il ne fait aucun doute que son fils lui succédera. Alors qu’il effectue des travaux dans la villa d’une riche famille française, Mehdi rencontre Marie (Sara Giraudeau), une jeune femme insouciante, entretenue par ses parents mais emberlificotée dans une relation complexe avec sa mère (Carole Bouquet). Si Mehdi et Marie évoluent dans un cadre social plutôt favorable, tous deux souffrent, sans jamais se l’avouer, de l’emprise de leurs parents sur leur vie. Si ce trait commun les rapproche, bien des différences les séparent, qui pourraient les mener à leur perte, d’autant que Mehdi est tiraillé entre son attirance pour Marie qui lui ouvre les portes d’un monde apparemment séduisant et Selma dont le mode de vie est plus conforme à son héritage culturel.
Démarré comme une romance, le récit accumule les contrastes pour prendre une tournure plus inquiétante. À la blancheur immaculée des quartiers se substitue l’exiguïté des ruelles poussiéreuses et sombres. Les objets luxueux qui décorent la maison de cette famille européenne tranchent avec la modestie de l’intérieur de Selma. La condescendance de la classe dominante occidentale se heurte au mal-être d’une jeunesse marocaine, prise en étau entre respect des traditions et désir d’émancipation. Alors, certes, les contours des oppositions sont parfois grossis à l’excès, surtout dès qu’il s’agit des comportements humains (jeune femme européenne à la sexualité débridée face à jeune femme marocaine embrigadée dans ses principes religieux, névrose appuyée de la mère marquant violemment les conflits sous-jacents). Une exacerbation sans doute nécessaire pour emprisonner les personnages dans cet engrenage implacable que l’on regarde naître insidieusement et dont on se régale.

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Si le couple Sara Giraudeau/Driss Ramdi fonctionne parfaitement, si Carole Bouquet prête avec finesse son élégance à cette bourgeoise en demi-teinte, tout en laissant une place de choix à son camarade de jeu, Olivier Rabourdin, c’est bien Nadia Kounda qui retient toute l’attention. Son authenticité jette une bouffée d’oxygène sur cette satire cruelle qui bouscule les lignes et créa bien des remous lors de sa présentation au Festival du film de Marrakech.
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