Le 19 octobre 2026
Une sympathique série B claustrophobe qui coule à pic lorsqu’elle succombe à la psychologie de comptoir.
- Réalisateur : Brian Duffield
- Acteurs : Elisabeth Shue, Josh Brolin, John Ortiz, Jane Levy, Austin Abrams
- Genre : Action, Film animalier, Survival
- Nationalité : Américain
- Distributeur : The Walt Disney Company France
- Durée : 1h46mn
- Titre original : Whalefall
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans
- Date de sortie : 14 octobre 2026
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Résumé : Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste plus qu’une heure d’oxygène. Tandis que le compte à rebours est lancé, Jay prend conscience que les leçons de vie durement transmises par son père pourraient bien être la clé de sa survie…
Critique : Du haut de ses trente ans, Austin Abrams semble avoir trouvé son créneau d’acteur à Hollywood : jouer les punching-balls pour des cinéastes masochistes. Laissé pour mort dans Wolfs, voleur héroïnomane dans Évanouis, il devait ensuite faire face à des hordes de zombies dans le récent Resident Evil. Englouti de Brian Duffield semble n’exister que pour faire vivre à Abrams un fantasme doloriste destiné à laisser tous les réalisateurs petits joueurs derrière lui : être avalé par une baleine.

- Austin Abrams
- © 2026 20th Century Studios. All Right Reserved.
Voici donc Jay, gentil garçon en plein deuil de son père avec qui il était en froid, qui décide de s’adonner à l’activité favorite du paternel susnommé : la plongée sous-marine. Une sortie en mer qui tourne au vinaigre lors d’une rencontre malencontreuse avec, donc, un colossal cétacé... Voilà pour l’argument, ni plus ni moins improbable que beaucoup de blockbusters hollywoodiens, qui place Englouti au croisement de plusieurs genres : d’une part le film de gros monstre marin, classique insubmersible du cinéma américain depuis le succès historique des Dents de la mer, d’autre part le récit de survie à la MacGyver (voir aussi : 127 heures, Seul sur Mars ou Projet dernière chance), qui donne à voir un bonhomme plein de ressources s’en sortir avec les moyens du bord – avec même un soupçon de Pinocchio en prime. Un point de départ prometteur pour une série B efficace comme Hollywood en produit hélas de moins en moins, propulsé par de vraies trouvailles visuelles (une méduse dont la bioluminescence fait office de torche improvisée) et une mise en scène joliment claustrophobe.

- Josh Brolin
- © 2026 20th Century Studios. All Right Reserved.
C’était sans compter, hélas, sur le Grand Sujet que Brian Duffield insère au forceps dans son film : la relation ombrageuse entre Jay et son Mitt de père (Josh Brolin, toujours là quand il s’agit de jouer des darons bourrus), dépeinte à grands coups de psychologie sommaire, et qui finit par écraser tout le film. Jusqu’à lui dicter son rythme binaire, puisqu’Englouti se contente rapidement d’alterner les scènes où Mitt explique les rudiments de la vie marine à son fiston avant d’enchaîner sur d’autres où les précieux conseils dispensés serviront, tant qu’à faire, au malheureux naufragé. Un exemple parmi d’autres : l’explication scientifique du chant des baleines (ce que les spécialistes appellent le « pli vocal »), qui permet aussitôt à Jay de comprendre qu’il se trouve... dans la gorge du cachalot ! Sur le papier – Englouti est adapté d’un livre, dont l’auteur Daniel Kraus participe au scénario –, cela peut fonctionner mais, à l’écran, la ficelle est grosse, et Duffield ne fait rien pour la dissimuler... Sans doute aurait-il fallu que le film choisisse son camp, entre volonté d’élever un matériau basique et capacité à s’en distancer, voire à en montrer le ridicule. En l’état, à part Austin Abrams, décidément toujours aussi bien quand il s’agit de se faire mal, pas grand monde ne sort gagnant de ce coup d’épée dans l’eau.
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