Le 11 octobre 2026
Malgré le rythme et l’inventivité de ce film horrifique, ancré dans l’actualité des trafics de drogue qui hantent certains quartiers populaires, la surenchère de violence finit par lasser le spectateur.
- Réalisateurs : Mohamed Chabane - Théo Jourdain Rhodes
- Acteurs : Ouassani Embarek , Guillaume Gouix, Bilel Chegrani, Alassane Diong, Lucie Charles-Alfred, Manon Bresch, Gazo, La Mano 1.9
- Genre : Épouvante-horreur
- Nationalité : Français
- Distributeur : Pan Distribution
- Durée : 1h35mn
- Âge : Interdit aux moins de 16 ans
- Date de sortie : 30 septembre 2026
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Résumé : Dans une cité, une tour abandonnée alimente les rumeurs. Alors que des disparitions étranges s’enchaînent, cinq jeunes n’ont plus le choix : y entrer à nouveau. Pris dans un piège mortel, ils vont bientôt comprendre que s’échapper leur sera impossible…
Critique : L’actualité du moment, quand elle ne parle pas de politique, s’étend largement sur la question des quartiers populaires, et des groupuscules mafieux qui les gangrènent. En l’occurrence, une immense tour désaffectée sème le doute. Les révoltes juvéniles se multiplient après la disparition d’un policier, qui perturbe le trafic de drogue. Le chef du cartel envoie alors l’un de ses anciens membres, tout juste sorti de prison, élucider le mystère qui entoure cet immeuble sordide. Mais l’horreur prend rapidement le dessus, dans une course-poursuite effrénée face à un tueur psychopathe monstrueux, déterminé à massacrer tous ceux qui osent s’aventurer à l’intérieur du bâtiment.
Il faut reconnaître l’audace de Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes qui tentent de renouveler le genre horrifique. Les réalisateurs mélangent le genre convenu de l’épouvante avec la culture urbaine, dans une savante synthèse de rap, d’argot et de peur. Mais une fois les personnages principaux lancés contre ce mystérieux tueur à l’intérieur de l’immeuble, l’épouvante prend le pas sur la culture urbaine. On voit des jeunes universels, qui se retrouvent face à leurs propres limites, devant un monstre assoiffé de mort et de cruauté.

- Copyright 2026 MARVELOUS PRODUCTIONS – RIGGINS FILMS – PROD LAB – N9NE STUDIO – KABO - ALLIANCE DE PRODUCTION
Kraken est un véritable film d’horreur qui ne lésine ni sur l’hémoglobine ni sur les effets de surprise. On peut toutefois regretter que le monstre tueur soit révélé trop rapidement. Le récit s’essouffle alors pour se réduire à une banale course-poursuite entre un psychopathe cruel et des jeunes gens fougueux et courageux. L’explication de ce comportement barbare est donnée en milieu de film, ce qui, au lieu d’équilibrer la narration, en fait perdre tout son intérêt. D’ailleurs, cette surenchère de violence nuit à la crédibilité du récit, qui s’égare dans les interminables résurrections du tueur, à la manière de la saga Scream, où le méchant semble presque immortel. Pourtant, les armes qui trouent les corps sont loin d’être de petits calibres. Le film revendique ainsi une référence appuyée aux gangs ultraviolents qui terrorisent les quartiers populaires.
Copyright 2026 MARVELOUS PRODUCTIONS – RIGGINS FILMS – PROD LAB – N9NE STUDIO – KABO - ALLIANCE DE PRODUCTION
En réalité, hormis le principal antagoniste, la mort est partout : chez les consommateurs de crack (d’où viendrait apparemment le titre), parmi les policiers eux-mêmes et, bien sûr, chez les trafiquants de drogue. Ces derniers ont installé leur bastion dans un commerce de proximité, dont la vieille tenancière n’est pas la dernière à cautionner le système. La violence est omniprésente, faisant de ce quartier populaire un espace de désespérance où il semble impossible d’échapper à un destin misérable. La condescendance du scénario n’est jamais loin non plus, tant le récit oppose clairement les jeunes issus de la diversité culturelle à la figure stéréotypée de l’homme blanc, incarnée par ce monstre sanguinaire.
On aura donc été déçu par ce film qui ne parvient pas à tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout. Les retours en arrière du scénario, notamment avec ce chien qui ouvre le récit, finissent par lasser, tant la violence se répète sans cesse. À force d’en rajouter dans l’usage des armes, les effusions de sang et la brutalité, le film finit par desservir les intentions de ses deux réalisateurs. Kraken ne dépassera malheureusement pas le statut de petit film de série Z. Et pourtant, l’ensemble ne manquait pas d’ingéniosité.
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