Le 17 mai 2026
Dans la pure tradition du policier noir américain, James Gray réussit un coup de force.
- Réalisateur : James Gray
- Acteurs : Scarlett Johansson, Dimiter D. Marinov, Miles Teller, Adam Driver, Meredith Holzman, Roman Engel, Gavin Goudey
- Genre : Drame, Policier / Polar / Film noir / Thriller / Film de gangsters, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Américain, Italien, Brésilien
- Distributeur : Société nouvelle de distribution (SND)
- Durée : 1h55mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : New York, Queens, 1986. Deux frères que tout oppose s’unissent pour une affaire douteuse liée à la mafia russe. Mais ce qui devait être une opportunité devient un cauchemar, mettant en péril leur famille, leur intégrité, et leur lien fraternel.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : James Gray est un coutumier de la compétition officielle à Cannes. Après Armageddon Time en 2023, il revient sur la Croisette avec un film saisissant. Le cinéaste s’engage ici dans un film noir, avec une mafia russe dangereuse, coupable de trafic de déchets toxiques ; tout en gardant en ligne de mire principale, nouvelle déclinaison des relations familiales à travers le portrait de deux frères. Si Lle réalisateur de Two Lovers emprunte certes le moteur du récit policier, on pressent bien que, comme dans Little Odessa, ce qui l’intéresse prioritairement tourne autour des thèmes qui lui sont chers, à savoir la question du lien familial, la mort et la vie, ainsi que l’éthique.
La photographie situe d’emblée le film en 1986. Le grain de l’image rappelle bien les longs-métrages de l’époque. Deux frères très opposés signent une sorte de pacte diabolique qui les engage dans une vague affaire de bureau de conseil pour un groupe mafieux russe qui déverse dans la River Queen des litres de produits dangereux. Mais la maladresse et la naïveté du premier frère, Irwin, met le feu aux poudres et c’est bientôt toute la famille qui se retrouve en danger de mort. Le second frère, Gary, qui a abandonné récemment son métier de policier, tente le tout pour le tout afin de sauver son frère et ses deux neveux.

- © 2026 SND. Tous droits réservés.
Paper Tiger prend le temps de rentrer dans l’univers de la famille. Il faut accepter de ne pas comprendre les motivations des protagonistes à s’embarquer dans cette affaire sombre de traitement des déchets dans un premier temps, car peu à peu le récit se structure et met au cœur de la narration le lien de fraternité. Cette mise en péril du lien se joue à la fois entre Gary et Irwin, mais aussi entre les deux enfants d’Irwin, qui partagent la même chambre. Chacun est pris dans un piège redoutable qui peut mettre en danger la solidité des relations familiales, avec en permanence des épreuves redoutables comme un accident de voiture, les intrusions dans le domicile familial des mafieux russes, et l’impuissance de la police à la protéger.

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La fiction fonctionne très bien. Le rythme s’accélère rapidement, générant une forme de tension assez proche d’une atmosphère à la Hitchcock. L’une des dernières scènes qui se déroule dans un champ de maïs a déjà des airs de passage culte, tant on pense à la tradition des grands polars américains. Mais si les Russes ne sont pas si violents qu’il n’en paraît, James Gray met traite avant tout la thématique du sacrifice, si répandue dans l’ensemble de son œuvre.
Il y a un vrai plaisir à retrouver sur les écrans un film de James Gray. Le réalisateur n’a pas perdu de sa faconde. Bien au contraire, il offre un récit de grande tenue qui met à l’honneur la force de la fraternité. Malgré le beau personnage joué par Scarlett Johansson, les femmes occupent des rôles plus mineurs dans ce récit qui fait la part belle aux valeurs virilistes.
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