C’est l’heure du duel (de chant) !
Le 22 septembre 2026
Le second long-métrage d’Alex Camilleri transforme l’île de Malte en ring de boxe musical, où les couplets improvisés se font l’écho des épreuves passées, présentes et futures de l’existence humaine.
- Réalisateur : Alex Camilleri
- Acteurs : Michela Farrugia, Nenu Borg, Michael Azzopardi, Frida Cauchi
- Genre : Drame
- Nationalité : Allemand, Maltais, Qatari
- Distributeur : Épicentre Films
- Durée : 1h48mn
- Titre original : Zejtune
- Date de sortie : 30 septembre 2026
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Résumé : Sur le point de quitter Malte, Mar hérite de terrains après la mort de sa mère. En parcourant l’île pour récupérer ses terres, elle rencontre Nenu, gardien d’un chant ancestral qui l’entraîne dans des duels musicaux improvisés et met à l’épreuve son désir de fuir. Peu à peu, la jeune femme se réconcilie avec le pays auquel elle voulait tourner le dos.
Critique : « La musique est la langue des émotions » disait le philosophe Emmanuel Kant. Une langue à laquelle le chant donne un relief et une épaisseur parfois viscéraux.
Le Chant des oliviers narre le récit initiatique de Mar, une jeune femme fâchée avec sa famille, partie estimer la valeur des terrains légués par sa défunte mère. Elle croise bientôt la route de Nenu, un vieil homme connu pour ses remarquables chants improvisés, qui va lui transmettre sa passion pour la musique et l’aider à s’émanciper. Une chronique de vie qui, mettant en perspective les caractères des personnages avec ce qu’ils expriment en musique, atteste que le chant est l’un des meilleurs catalyseurs de toutes nos tempêtes intérieures.

- Copyright Epicentre Films
La séquence d’ouverture donne le ton : deux hommes, dont le vieux Nenu, entourés d’une foule de personnes, se livrent, l’air de rien, une véritable bataille verbale au rythme d’une guitare acoustique que l’on entendra jouer tout au long du film. On y décèle déjà le caractère malicieux de Nenu, sorte de vieux sage un brin provocateur qui a le don de pousser ceux qui le côtoient dans leurs retranchements, comme le personnage de Winfried Conradi crée son alter ego Toni Erdmann dans le film éponyme de Maren Ade, afin de rappeler à sa fille Ines l’urgence de vivre et d’être heureuse.
De la même manière, Mar, prisonnière de la rancœur qu’elle éprouve envers le reste de sa famille, peine à faire sereinement son deuil. Si elle éprouve une affection sincère pour Nenu, elle est souvent exaspérée par ses apparentes bizarreries et irresponsabilités, alors même qu’il la pousse à entrer dans la lumière et à s’ouvrir davantage aux autres en chantant pour se réconcilier avec elle-même et avec le monde. Les conflits qui jalonnent l’histoire, bien qu’un peu redondants, ne sont cependant jamais exacerbés par la direction artistique de Camilleri.

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D’un bout à l’autre de son film, le réalisateur place sa caméra à hauteur de personnage - exceptés quelques plans d’ensemble sur les paysages naturels et urbains maltais. Malgré les discussions, les disputes, les couplets parfois assenés comme des coups de poing, la mise en scène ne cède pas à l’emphase des mouvements de caméra et du montage cut, privilégiant une photographie aux tons chauds, des panoramiques sobres, des travellings rares et doux qui mettent en valeur les deux acteurs principaux : leur beauté brute colle parfaitement aux personnages qu’ils interprètent, à leur complexité et à leur évolution tout au long du récit.
Cette simplicité et cette sobriété, auxquelles le film se cantonne, font autant la force que la limite du Chant des oliviers, qui consacre Alex Camilleri comme un cinéaste authentique, sincère et singulier.

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