Le 26 mai 2026
Un long-métrage à petit budget, sincère et ambitieux, qui montre une représentation de la jeunesse de Tunis assez éloignée des clichés.
- Réalisateur : Walid Mattar
- Acteurs : Mohamed Amine Hamzaoui, Seifeddine Omrane, Sarra Hannachi, Issam Absi, Zohra Chtioui, Dorra Maaouia, Alaeddine Atrous, Hager Zaidi
- Genre : Drame
- Nationalité : Français, Tunisien
- Distributeur : Sudu Connexion
- Durée : 1h30mn
- Titre original : Quantra
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 27 mai 2026
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– Année de production : 2024
Résumé : À Tunis, Foued, jeune metteur en scène, accepte de filmer le clip de hip-hop de son ami d’enfance, Tita. Lors d’un tournage avec Safa, ils découvrent un paquet de cocaïne et décident de le revendre dans une boîte de nuit branchée. Chaque nuit, ils traversent un pont reliant deux rives de la ville. Mais ce jeu dangereux les entraîne peu à peu dans une spirale qui leur échappe.
Critique : Ils voudraient bien réussir. Elle, Safa, est une influenceuse mais ses conditions de tournage sont loin d’être idéales pour lui permettre de gagner sa vie ; lui, Tita, se rêve rappeur à succès mais sans résultat véritable ; et enfin, Foued, le jeune réalisateur, aimerait être repéré par des professionnels. Jusqu’au jour où, par hasard, ils découvrent un paquet de cocaïne sur un morceau de mer, pensant qu’enfin la vie va leur sourire. Le pont est donc avant tout le portrait d’une jeunesse tunisienne, à la recherche de conditions d’existence meilleures. Ce sont des habitués des établissements nocturnes de la capitale où ils aimeraient fourguer leur camelote.
L’intérêt du film est de permettre au spectateur de découvrir tout un pan de la vie des discothèques de Tunis. On entre des lieux interlopes où même des travestis peuvent se montrer en public ; et surtout on y voit des consommations d’alcool et de drogue absolument contraires aux représentations qu’on peut se faire de la Tunisie, encore qualifiée de pays autoritaire. Le pont se présente ainsi comme une expérience de cinéma modeste, proportionnelle aux moyens alloués, mais qui tente de donner à voir la question des publics jeunes en Tunisie, à la fois happés par l’engouement de leur jeunesse et la difficulté à échapper à l’ordre établi.

- Copyright Sudu Connexion
Le scénario est bien écrit, permettant aux acteurs de donner de l’épaisseur à leur personnage, même si le jeu n’est pas toujours à la hauteur des dialogues. Ils se donnent avec beaucoup de sincérité dans ces rôles qui tentent de démontrer la difficulté de la jeunesse à se doter de perspectives d’avenir, a fortiori dans les métiers de la culture. Le grand bémol du long-métrage concerne le montage. En effet, le film, pour rythmer le propos, s’entoure de scènes (notamment celles relatives aux soirées ou à la consommation de stupéfiants) qui donnent une dimension trop démonstrative. Un travail de nuance par la technique du montage aurait eu toute sa place.
Walid Mattar s’est surtout démarqué par la réalisation de courts-métrages. Son long de 2017, Vent du Nord avait été remarqué, témoignant d’un talent certain à la mise en scène. On salue la participation financière du CNC qui promeut des films qui échappent aux codes traditionnels du cinéma, de surcroît commercial. Maintenant, ce type de films doit gagner encore en maturité et maîtrise, et aussi en moyens budgétaires, afin de permettre l’expression d’une ambition cinématographique.
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