Le 18 mai 2026
Un film combatif et radical sur la condition des femmes et des hommes venus du Maroc pour remplacer la main-d’œuvre agricole locale qui refuse les conditions de travail proposées.
- Réalisateur : Laïla Marrakchi
- Acteurs : Nisrin Erradi, Hajar Graigaa, Fatima Attif
- Nationalité : Espagnol, Français, Belge, Marocain
- Distributeur : Jour2fête
- Durée : 1h41mn
- Titre original : La más dulce
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Hasna et Meriem quittent pour la première fois le Maroc. Elles rejoignent l’Andalousie comme saisonnières dans les serres de fraises, pour offrir une vie meilleure à leurs familles. Très vite, elles sont confrontées à la dure réalité de leur situation. Ensemble, elles vont s’insurger contre tout un système d’exploitation – au risque de tout perdre.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : En 2006, la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi présentait son premier film à Cannes, Marock. Puis elle a bifurqué vers la télévision avant de revenir au cinéma pour ce troisième long-métrage, Les fraises, qui frappe fort sur la condition ouvrière migrante en Espagne. On se croirait retourné soixante-dix ans en arrière avec ces baraquements de fortune que l’État français installait au pied des usines pour faire venir des hommes d’Afrique afin qu’ils reconstruisent le pays. Sauf que nous sommes en 2026, en Europe, dans un pays qui adhère au Bureau International du Travail et à ce titre est redevable de conditions de travail minimales.

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Le long-métrage emmène donc le spectateur dans ces kilomètres de serres, installées au pied d’usines polluantes, où les riches exploitants produisent des fraises pour toute l’Europe. Le marché est juteux, comme l’atteste la riche maison du propriétaire, qui n’hésite pas à confondre salariat et exploitation sexuelle. Hasna est l’héroïne principale au milieu d’un trio de femmes, toutes venues du Maroc pour apporter à leur famille un peu d’argent. Et pour autant, elle n’est pas prête à accepter toutes les conditions de travail à n’importe quel prix, mais le combat semble perdu d’avance quand on ne parle pas espagnol, qu’on est migrant et fragile.
La compétition d’un Certain Regard du Festival de Cannes est peut-être le meilleur endroit pour dénoncer de pareilles pratiques professionnelles. Pour une fois, le cinéma ne regarde pas la condition des femmes dans des pays éloignés de la vie quotidienne des Occidentaux. Les fraises décrit ce qui se passe aux portes de la France, dans un environnement pourtant tenu par des lois. On va nous dire qu’il s’agit d’une fiction mais tout laisse à croire que la réalisatrice connaît son sujet.

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La force du récit s’explique par la présence solaire de l’ensemble des actrices. Elles donnent à voir toutes les figures féminines possibles au Maroc, depuis la femme voilée à la femme rebelle, cheveux au vent, qui est capable de renverser des montagnes pour faire droit à la justice. Le long métrage a le bon goût de faire preuve en même temps de colère et de joie. Le portrait des combattantes est magnifié par des images très belles de l’Espagne qui conjugue ses grandes allées de fraisiers, semblables à des couloirs qui conduiraient à la mort, avec les vues de ces usines monstrueuses qui polluent le ciel et a fortiori les fruits que l’on achète dans les supermarchés. Le film risque de mettre en colère les exploitants, mais on ne peut que se réjouir de la parole vivante et libérée d’une cinéaste marocaine.
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