Le 29 mai 2026
En ne délivrant pas toutes les réponses à cette enquête absolument passionnante qui nous transporte de Paris au Sahara, la réalisatrice laisse un peu le spectateur sur sa faim. Un film qui demeure de bonne facture.
- Réalisateur : Rachel Lang
- Acteurs : Mélanie Laurent, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz, Chloé Jouannet, Eye Haïdara, Aleksandr Kuznetsov, Hakim Jemili, Juliette Chaigneau
- Genre : Policier / Polar / Film noir / Thriller / Film de gangsters, Espionnage
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 1h38mn
- Date de sortie : 27 mai 2026
- Festival : Reims Polar (festival international du film policier) 2026
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Blessée lors d’une opération clandestine au Niger, Mata, une agente du service action de la DGSE, perd la trace de son compagnon Antoine, capturé sur place. À son retour, elle est affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire et se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes : une ombre semble relier ce dossier à l’embuscade en Afrique. Convaincue que ses supérieurs lui dissimulent des informations et hantée par la captivité d’Antoine, elle se lance dans une course contre la montre, hors de tout cadre officiel… au risque de tout perdre.
Critique : Le film s’ouvre sur un couloir gris, avec des reflets inquiétants du plafond sur le sol. Le sentiment d’enfermement et de mystère est évident. Nous sommes à Paris, à la DGSE, ce temple du secret où les grandes affaires internationales se déroulent dans le silence des agents. Mata est de ceux-là. Elle sort d’une opération de délivrance d’otages dans le Sahara qui s’est mal passée, au point que son collègue et amant, Antoine, a été ravi par un groupe terroriste local.
Mata est magistralement porté par Eye Haïdara. Depuis 2007, l’actrice cumule des rôles au cinéma, qui la rendent aujourd’hui incontournable dans le monde du septième art. Elle interprète cette agente de la DGSE qui vient d’être mutée pour former une stagiaire, dont on pressent rapidement qu’elle pourrait être mêlée à l’affaire qui la hante. Car la jeune femme ne peut pas s’empêcher de poursuivre ses expectatives, malgré l’interdiction de sa hiérarchie, ce qui l’amène jusqu’en Suisse dans un mystérieux évènement costumé.

- Copyright 2026_NOLITA_CINEMA_–_CHEVALDEUXTROIS_–_WRONG_MEN_–_FRANCE_3_CINEMA_–_MARVELOUS_PRODUCTIONS
Mata renoue donc avec le film d’espionnage, denrée devenue rare sur les écrans, a fortiori dans des productions francophones. Le scénario est très écrit, soulevant des énigmes dont le spectateur n’aura pas toutes les réponses. D’ailleurs, le récit est introduit par un avertissement sur le fait qu’il s’agit d’une fiction, et que la vérité n’est pas aisée à découvrir. En ce sens, le film traduit en actes le mystère qui flotte dans les services de la DGSE où il y a toujours un haut gradé pour cultiver une vision globale et entretenir les mystères. On comprend que des intérêts russes et des trahisons internes se mêlent dans cette histoire inquiétante.
Le problème, lequel est clairement le parti pris assumé de Rachel Lang, demeure la fin qui laisse le spectateur sans réponse. La réalisatrice, également scénariste, est experte en écriture cinématographique, et son art à cultiver les mystères relève d’une volonté manifeste. L’ensemble des protagonistes s’inscrit d’ailleurs dans cette logique, avec ces confusions d’identité où chacun ne peut pas faire confiance à l’autre et risque d’être trahi. Finalement, seule Mata constitue un personnage fiable, fidèle à ses valeurs, et d’une grande intégrité morale et personnelle.
Raphaël Personnaz, Joséphine Japy et Hakim Jemili partagent l’affiche avec Eye Haïdara. Mélanie Laurent fait une courte apparition dans un rôle assez trouble. Le casting est excellent et permet à cette fiction fortement vraisemblable d’accrocher le spectateur du début à la fin. Mais les silences laissés par l’histoire ne convainquent pas toujours et ne permettent pas de conserver un souvenir durable du film.
Maintenant, Mata ouvre les portes de la production francophone à un cinéma d’espionnage fort appréciable. Le fait qu’il soit porté par une héroïne apporte une dimension supplémentaire à l’intérêt du film. D’autant plus qu’Eye Haïdara est une comédienne de talent.
Galerie Photos


Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.




















