Le 5 mai 2026
Une vision aussi burlesque que délicate de la complexité des liens familiaux, baignée dans la zénitude japonaise.
- Réalisateur : Ryōta Nakano
- Acteurs : Joe Odagiri, Kō Shibasaki, Hikari Mitsushima
- Genre : Comédie dramatique, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Art House Films
- Durée : 2h07mn
- Date de sortie : 6 mai 2026
- Festival : Saisons Hanabi 2026, Festival Libres Regards Marcq-en-Baroeul 2026, Festival Made in Asia (Toulouse) 2026, Les Rencontres du Cinéma de Gérardmer 2026
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Résumé : Entre Riko et son frère aîné, rien n’a jamais été simple. Même après sa mort, il continue de lui compliquer la vie : une pile de factures, des souvenirs embarrassants… et un fils ! Aux côtés de son ex-belle-sœur, elle traverse ce capharnaüm entre fous rires et confidences, et redécouvre peu à peu un frère plus proche qu’elle ne l’aurait cru.
Critique : En 2020, le réalisateur japonais Ryōta Nakano se fait connaître du public français avec La famille Asada qui rencontre un joli succès. Il continue d’explorer la veine familiale en s’intéressant cette fois au lien mal tissé entre un frère encombrant et laxiste et une sœur réservée et besogneuse.

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Déjà durant leur enfance, ce grand frère vif et entreprenant monopolisait toute l’attention, reléguant sa petite sœur au rang de subalterne. À l’âge adulte, lassée de ses frasques, elle décide de prendre ses distances avec lui. Mais celui qu’elle considère comme un vrai boulet n’hésite pas à revenir vers elle dès qu’un problème surgit et à solliciter sa gentillesse (ou sa faiblesse ?). Sa rencontre avec une femme, la naissance de son fils, la volonté de trouver du travail, autant d’événements qui pourraient bien marquer le début d’une période d’équilibre. Mais il a tôt fait de tout abandonner. Sa mort est aussi surprenante que l’a été sa vie et s’annonce comme une complication supplémentaire pour Ricko qui, déjà aux prises entre sa famille et sa vie professionnelle, se serait volontiers passée des tâches qui lui incombent suite à ce décès. De retour dans sa ville natale, elle découvre un appartement jonché d’ordures et des tracas administratifs à n’en plus finir. Ce retour aux sources lui donne aussi l’occasion de faire la connaissance de Kanako, son ex-belle-sœur. Le portrait que dresse cette dernière du défunt diffère de l’image qu’elle en a gardée et fait peu à peu douter Riko. Et si cette vision qu’elle avait de son frère ne correspondait pas tout à fait à la réalité ? Ne s’est-elle pas servie de cet être libre, désordonné et opposé à toute contrainte dans le seul but de se construire une personnalité plus conforme à ses critères ? Ses apparitions fantomatiques pourraient bien offrir à Riko un nouveau regard sur ce frère mal connu et lui permettre d’amorcer une réconciliation avec elle-même.

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Avec une infinie poésie, le réalisateur japonais présente la mort non pas comme une fin mais comme un passage. À travers ce qu’il définit lui-même comme une tragédie comique, toute imprégnée de culture japonaise, il écarte tout risque de misérabilisme et distille une ironie gentiment burlesque pour rappeler que la vie continue au-delà de la mort et qu’il n’est jamais trop tard pour réviser son point de vue sur les autres, même et surtout sur ceux que l’on a le mieux connus. N’abordant jamais les émotions de manière frontale, il s’attache, à coups de silences et de petits gestes apparemment anodins, à ne révéler que la tendresse et l’humour des êtres humains, même lorsqu’ils sont confrontés à des situations difficiles. Alors certes, cette langueur assumée ne manquera pas de provoquer un léger sentiment de monotonie, particulièrement dans la deuxième partie, chez les amateurs de récits plus incisifs. Fort heureusement, le trio de comédiens, pétri de nuances et de délicatesse, retient instantanément l’attention. Kō Shibasaki, sous les traits de Riko, trouve le juste équilibre entre tendresse et austérité face à cet escogriffe aussi irritant qu’attachant auquel Joe Odagiri apporte toute sa facétie. Hikari Mitsushima, dans le rôle de Kanako, ajoute cette note de bienveillance juste nécessaire pour accorder ses derniers accents de vérité à cette famille bancale mais touchante.
Malgré une narration alanguie, Mon grand frère et moi reste un film drôle et généreux qui brille par sa sincérité et son regard délibérément optimiste sur les relations humaines.
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