Le 25 avril 2026
Adapté d’un roman singulier, ce film n’en demeure pas moins personnel eu égard au parcours de son réalisateur, déjà auteur du remarquable Mobil Homes.
- Réalisateur : Vladimir de Fontenay
- Acteurs : Tuppence Middleton, Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti, Ruaridh Mollica
- Genre : Drame, Survival, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Britannique, Français, Norvégien, Belge
- Distributeur : Haut et Court
- Durée : 1h55mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Festival : Festival de Sundance 2025
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Résumé : Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve.
Critique : Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de l’Américain David Vann, Prix Médicis Étranger 2010, et que les éditions Gallmeister avaient réédité dix ans plus tard avec des suppléments précieux. La transposition pour le grand écran d’un roman à succès doté de qualités littéraires n’est pas forcément un gage de réussite, l’académisme et la tentation illustrative étant parfois de rigueur. Il n’en est rien avec ce film de Vladimir de Fontenay qui déploie un charme réel et se présente comme un bel objet cinématographique. On avait d’ailleurs déjà repéré ce réalisateur, diplômé de la NY Tich School of the Arts après avoir étudié en France, en Italie et aux États-Unis. En 2017, Mobil Homes, son premier long, extension de l’un de ses courts métrages, avait été bien accueilli à la Quinzaine des Réalisateurs. L’histoire déployait, en mode road movie, le dilemme entre désir de liberté et volonté de stabilité d’un foyer. Il n’est pas surprenant que Vladimir de Fontenay se soit plongé dans l’adaptation de Sukkwan Island. D’une part, on retrouve le thème de la dualité entre complicité et déchirement au sens d’une cellule familiale fragilisée dans un cadre qui n’est pas le sien. D’autre part, le tournage en milieu naturel est le prolongement de la démarche du réalisateur.

- Woody Norman, Swann Arlaud
- © 2025 Haut et Court. Tous droits réservés.
Il précise ainsi dans le dossier de presse, à propos du roman : « C’est mon père qui me l’a fait lire pour la première fois, il y a quelques années, et je l’ai aussitôt dévoré. J’ai vu une promesse de récit propice au cinéma dans cette tragédie familiale qui prend place au cœur de grands espaces, sous les aurores boréales. Il y a comme une contradiction entre ces lignes d’horizon presque infinies et, en même temps, ce combat psychologique qui finit par enfermer les personnages. Je crois que j’ai été très sensible à cette idée de la recherche d’un nouveau territoire pour reconstruire une relation père-fils, pour tenter de refaire famille. » On suit donc le périple d’un père, Tom, et de son fils Roy, jeune adolescent. Ce dernier a accepté d’accompagner le paternel sur une île isolée du Grand Nord, pour une période indéterminée. Au début, cela ressemble à des vacances de rêves au sein de paysages magnifiques. Mais très vite, la promiscuité, la précarité de leur condition, l’isolement, le froid, la vétusté du logement et le danger des animaux semblent présager le pire, surtout quand Tom présente des symptômes dépressifs.

- Swann Arlaud
- © 2025 Haut et Court. Tous droits réservés.
Le récit est bien mené, avec une structure en flash-back classique mais cohérente, et le cinéaste parvient à créer une tension avec une économie de moyens, sans pathos ni ficelles de scénario à suspense. On sait depuis des œuvres comme Délivrance ou Le mal n’existe pas que la nature, aussi belle soit-elle, peut être cruelle avec les êtres humains, mais le réalisateur ne s’appesantit pas sur cette dimension, même s’il assume le côté survival de la narration, qui pourra aussi évoquer certaines séquences d’Into the Wild. Il préfère se pencher sur l’évolution du rapport père-fils qui est réellement touchant. Et le dénouement, que nous nous garderons bien sûr de dévoiler, loin de refléter une pirouette de scénariste malin, fait entrer Sukkwan Island dans la catégorie des films pour lesquels on éprouve le besoin réel d’une seconde vision, quelque part entre Vertigo et Les autres. Il n’est pas superflu d’ajouter que la direction d’acteurs est remarquable. Swann Arlaud, que l’on aurait pu croire à contre-emploi, exprime à merveille la complexité de son personnage. Il est bien épaulé par le jeune Woody Norman et des acteurs de second rôle sensibles comme la Finlandaise Alma Pöysti (Les feuilles mortes) et le Britannico-Italien Ruaridh Mollica (Sebastian).
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