Le 8 février 2026
Avec une écriture aussi délicate que percutante, Dimitri Rouchon-Boirie convainc le lecteur de dévorer ses quelques deux cents pages, d’une grande profondeur.
- Auteur : Dimitri Rouchon-Borie
- Editeur : Le Tripode
- Genre : Roman
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 15 janvier 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : Un homme atterrit dans une mystérieuse obscurité, le Boyau, dont il cherche l’issue accompagné de trois hommes qui entretiennent avec lui un rapport ambigu, entre aide et violence. Et bientôt apparaît une femme, Mouette, qui pourrait changer son destin.
Critique : Dans le Boyau, difficile de déterminer, dans un premier temps, si notre personnage sombre dans un abîme physique, mental, ou un peu des deux. Rouchon-Boirie opère subtilement une perte de repères sans jamais verser dans la perte de sens : il amène le lecteur, déboussolé, dans des méandres fantastiques redoutables de beauté froide et de suspense. Grâce à un postulat de départ accrocheur et un mystère savamment entretenu, le lecteur cogite, redoute, se gratte la tête sans jamais perdre pied. À chaque acte son retournement de situation, qui remet en cause les certitudes, le point de vue, mais jamais la cohérence de l’ensemble.
Certes, il apparaît rapidement que tout mène à une conclusion quelque peu conventionnelle, qui atténuera le plaisir des plus perspicaces, qui auront flairé la direction générale du récit dès sa mise en place. Sans toutefois provoquer d’intense déception : le suspense de la narration ne tient pas tant à questionner de quoi ce dédale minéral est la transcription. Mais plutôt le comment et le pourquoi qui entourent son existence.
Il est rare de trouver dans une plume autant de subtilité, qui fait étalage de sa folle capacité à entrecroiser les méandres psychiques et mentaux. Son écriture, directe comme un dialogue et soyeuse comme un poème, retranscrit sans pareil l’écrasement, l’étouffement, la fuite impossible. Sa langue est à rapprocher de la science-fiction d’Alain Damasio, dans ses vertiges mystiques, ses sonorités qui donnent envie de la clamer, son vocable chiadé sans être pédant.
Roman d’atmosphère, Mouette porte en son titre toute l’ambivalence de la progression du narrateur, avec un rapport duel à l’autre et à son environnement, dont il ne sait jamais s’ils protègent ou menacent. Il a aussi l’audace de nous glisser dans les tréfonds mentaux d’un personnage dont on ne perçoit pas le statut de victime ou de coupable. Ni si l’on a vraiment envie d’exprimer de l’empathie pour lui.
Un roman aussi complexe que son apparence est simple, donc, qui laisse une impression générale brillante de trouble, puissant et à bien des égards renversant.
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