Le 23 juin 2026
Malgré l’envie de montrer les horreurs de la guerre dans un dispositif graphique atypique, Peleliu n’est pas autre chose qu’une adaptation à la lettre du manga original.
- Réalisateur : Goro Kuji
- Acteurs : Rihito Itagaki, Tomoya Nakamura , Hirosato Amano
- Genre : Animation, Historique, Film de guerre, Manga
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Eurozoom
- Durée : 1h45mn
- Titre original : Peleliu: Guernica of Paradise
- Date de sortie : 18 novembre 2026
- Festival : Festival d’Annecy 2026
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Résumé : Japon, 1944. Dix mille soldats japonais débarquent sur l’île de Peleliu. Tamaru, un aspirant mangaka de vingt et un ans, est enrôlé malgré lui dans le conflit, tout comme Yoshiki, avec qui il va se lier d’amitié. Ensemble, ils s’accrochent à la vie au cœur de cette guerre d’usure. Isolés en plein Pacifique, les soldats japonais sont livrés à eux-mêmes tandis que le conflit mondial touche à sa fin. Inspiré d’une histoire vraie.
Critique : À force de voir la guerre transformée en spectacle, on finit presque par oublier ce qu’elle est réellement. Peleliu : Guerre au paradis part précisément de ce constat. Pas de grandes charges héroïques, ni de discours galvanisants ou de sacrifice glorifié. Seulement des gamins envoyés mourir sur une île perdue du Pacifique au nom d’une guerre déjà perdue.

- © 2026 Eurozoom. Tous droits réservés.
Le film se charge d’humaniser la chair à canon puisque les personnages passent davantage de temps à parler de leur vie d’avant, de leurs familles ou de leurs rêves, qu’à accomplir des exploits militaires. Le récit ne cherche jamais à construire des héros. Il préfère montrer des hommes ordinaires broyés par une machine qui les dépasse complètement. Cette approche peut sembler évidente. Pourtant, elle devient rare dans un cinéma de guerre qui aime souvent transformer la souffrance en divertissement. Ici, la guerre n’a rien de noble. Elle est absurde, sale et profondément inutile.
Le choix graphique est probablement ce qui surprend le plus. Les personnages possèdent des visages simples, voire mignons (un peu façon chibi). À première vue, on pourrait croire à une œuvre légère. Puis les bombardements commencent, les corps s’accumulent, les illusions s’effondrent. Le contraste fonctionne remarquablement bien. Là où beaucoup de films cherchent à choquer par le réalisme, Peleliu utilise la douceur pour rendre la violence encore plus brutale. Ce ne sont pas des guerriers mythologiques qui meurent à l’écran. Ce sont des gosses. Et le film ne cesse jamais de nous le rappeler.

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Cependant, on décèle des lacunes dans la construction du film. On sent constamment l’adaptation de manga derrière chaque scène. Les séquences s’enchaînent comme des chapitres. Les personnages apparaissent, disparaissent, reviennent parfois plusieurs dizaines de minutes plus tard. Certains moments semblent coupés juste au moment où ils devraient respirer. Le problème n’est pas le rythme lent qui est même plutôt agréable dans le contexte narratif où les soldats attendent deux ans dans la jungle que l’on vienne les chercher. On regrette plutôt l’absence de véritable respiration cinématographique. Par moments, Peleliu ressemble moins à un film qu’à une saison d’anime condensée en deux heures. Le récit avance, mais parfois trop vite pour laisser certaines émotions s’installer durablement. C’est frustrant parce que la matière première est excellente.
Peleliu : Guerre au paradis ne révolutionnera probablement pas l’anime de guerre. En revanche, il rappelle un aspect que le genre a parfois tendance à perdre de vue : derrière les statistiques, les uniformes et les batailles, on trouve toujours des individus. Le film échoue parfois à transformer son récit en véritable expérience de cinéma. Mais lorsqu’il cesse de raconter la guerre pour simplement montrer des êtres humains tentant d’y survivre, il atteint une justesse rare. Et dans une époque où l’on confond souvent représentation de la guerre et fascination pour la guerre, ce n’est déjà pas rien.
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