Le 9 avril 2026
Pablo Gubitsch écrit cette histoire abrupte. Ce roman montre le désœuvrement d’un groupe d’amis qui traversent le collège, le lycée, puis la fac ou les premiers boulots avec un seul but, essayer de vivre à fond alcool, joint, sexe, fête et fous rires, de trouver amour et amitié, et tout ça le plus vite possible avant de se faire rattraper par la société et ses normes.
- Auteur : Pablo Gubitsch
- Editeur : Les Impressions Nouvelles
- Genre : Roman
- Nationalité : Belge
- Date de sortie : 3 avril 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « Quitter Forbach » commence près de l’ancienne gare de Forbach. Pablo, treize ans, et deux de ses copains, Victor et Lothaire, passent le temps en faisant du skate ou en cassant ce qui traîne. Ils ont récupéré un paquet de Camel, Pablo tire sur sa première cigarette. Le trio reste là jusqu’à la nuit avant de rentrer.
Critique : Pablo Gubitsch met en scène le jeune Pablo, que l’on va suivre de treize à dix-neuf ans. Forbach, en Lorraine, est le berceau de cette histoire. Pablo et ses amis forment une bande qui profite de l’existence et de tout ce qu’elle peut offrir. Désargentés, ils retroussent leurs manches pour trouver de quoi boire et fumer, s’incruster dans des fêtes ou des soirées. Pablo est tiraillé entre le besoin de vivre à fond et un malaise profond. Il refuse la triste existence qui l’attend et dont les images sont omniprésentes autour de lui : ses parents, les parents de ses amis, les professeurs, les personnes désœuvrées dans les rues ou au café, tout Forbach renvoie à un avenir sans issue. Alors, Pablo botte en touche, il sait que la suite de l’histoire sera triste et ennuyeuse : autant profiter et se faire ses propres expériences et souvenirs tant qu’on le peut, fuir l’ennui le plus longtemps possible, que ce soit pendant l’année scolaire et les mois gris de l’hiver, ou durant l’été pesant pendant lequel il n’y a rien à faire, même plus se rendre en cours.
Mais Pablo n’est pas qu’un jeune qui découvre trop tôt le sexe et l’alcool. C’est aussi un enfant qui quitte ce monde de l’enfance et le fait avec un mal-être le suivant toutes ces années. Scarifications, psy, médicaments, tout cela est évoqué par petites touches. Pablo en parle peu et pas à ses amis. Car c’est lui qui raconte cette histoire. Avec son langage, il décrit ses frasques.
C’est la force de Pablo Gubitsch. Il dépeint une jeunesse livrée à elle-même, qui décide de profiter de la vie. Dans des chapitres courts, pouvant aller de quelques phrases à plusieurs pages, on parcourt les moments clés ou bien les horribles journées vides de sens, de Pablo et sa bande d’amis, Loïc, Mv, Lény, Yuri, Riad... Tous se retrouvent et créent, face aux difficultés, des liens forts : d’abord camarades, puis amis et enfin frères.
Mais Pablo Gubitsch nous fait sentir que rien n’est éternel, rien ne dure toujours et l’on sait que ces moments parfois intenses, parfois inutiles, ne pourront se répéter éternellement.
Avec les années, les enfants grandissent, deviennent des ados, des jeunes, des adultes et aucune réponse ne vient. Pas de solutions, pas de porte de sortie à cette vie fade et monotone. Que des rêves balayés d’un revers de main par les parents ou le conseiller d’orientation.
Pablo Gubitsch nous immerge avec ces jeunes qui luttent contre l’ennui mortel d’une existence sans direction. Il nous les rend tour à tour détestables et attachants, émouvants et irritants.
Pour nous faire sentir cela, le romancier écrit comme Pablo pense et vit, en argot, alterné avec des descriptions plus posées, plus littéraires. Il nous jette ainsi dans le flot de pensées du protagoniste, avec des dialogues qui s’enchaînent à la suite, questions et réponses vides de sens, juste pour échanger. Pablo Gubitsch nous fait toucher le cœur du personnage de Pablo. Les émotions contradictoires, l’envie de coucher et celle de trouver l’amour, la souffrance d’être rejeté et le rejet des autres, et surtout ces journées qui s’enchaînent, toujours identiques, et dont la seule issue est de voir ses amis et trouver un plan, pour faire la fête, exister un instant, ensemble, et oublier que la société nous rattrape toujours.
Quitter Forbach est un roman fort qui dépeint de manière réussie une bande d’amis désœuvrés, fuyant dans les excès un monde qui n’a, de toute façon, rien à leur offrir.
272 pages – 18 €
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