Le 8 mai 2026
En passant par toutes les palettes émotionnelles au cinéma, Yoon Ga-eun dresse un portrait aussi glaçant que touchant de familles sud-coréennes traversées par le drame. Une œuvre rare sur un certain état social de la Corée du Sud.
- Réalisateur : Yoon Ga-eun
- Acteurs : Seo Su-bin, Jang Hye-jin, Kim Jeong-sik, Kang Chae-yun, Lee Jae-hee, Kim Ye-chang
- Genre : Comédie dramatique, Teen movie
- Nationalité : Sud-coréen
- Distributeur : The Jokers
- Durée : 1h59mn
- Titre original : Segyeui Ju-in
- Date de sortie : 6 mai 2026
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Résumé : Joo-in est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer.
Critique : Joo-In est une adolescente délurée et attachante. Elle ne manque pas de caractère et concentre autour d’elle tout une ribambelle d’amis. Derrière ce visage jovial, rien ne présage qu’un drame terrible s’est déroulé dans son enfance. Et pourtant, les faits sont là et l’invitation d’un collégien à signer une pétition visant à exclure du quartier un délinquant sexuel met à jour le traumatisme encore présent chez la jeune fille.
Le cinéma coréen ne décrit pas toujours la société de cette manière. Certains réalisateurs coréens optent pour des scènes trash, avec une proportion certaine à l’hémoglobine et l’horreur. The World of Love est dans la mouvance d’autres œuvres de ce pays. Voilà un film quasi intimiste qui saisit, à partir du portrait d’une adolescente et d’autres enfants, les variations possibles de la maltraitance sur mineurs, qu’il s’agisse d’abus sexuels, de harcèlement scolaire, de délaissement parental ou de violences institutionnelles. En ce sens, le film est tout sauf une comédie dramatique légère. Et pourtant la mise en scène opte délibérément pour un ton aérien, délicat et joyeux.

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Ce long métrage est en fait moins sud-coréen qu’universel. Les maltraitances commises sur les enfants, hélas, demeurent un fléau mondial dont les réponses sont des plus complexes. Dans cette première œuvre, la réalisatrice et scénariste Yoon Ga-eun explore avec lucidité toutes les formes de violences qui hantent les enfants, depuis le domicile familial jusqu’aux institutions comme les crèches et les écoles. Elle préserve le spectateur en montrant beaucoup de joie chez son héroïne, et à la fois, sans lésiner sur les ravages de la violence contre les enfants. Cette vision équivoque lui permet d’échapper aux poncifs du mélodrame sirupeux et lui donne une liberté certaine pour aborder tous ces enjeux complexes et durs.

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The World of Love parle aussi de l’amour chez les adolescents, avec beaucoup de tact. Les scènes d’embrassades fougueuses qui contrastent avec la pudeur naïve des jeunes apportent beaucoup d’air frais à cette histoire où les familles tentent de résister au chaos. On rit autant que peu à peu, on cède à une émotion intérieure, quand on comprend les blessures que subissent les enfants (coups, atteintes sexuelles) avec, il faut le dire, une certaine indifférence des adultes. La scène de procès atteste de la dureté de l’univers administratif, peu encline à prendre au sérieux la parole d’enfants.
Voilà donc un film rare et subtil. Rare parce qu’il aborde des sujets sombres sur un mode très détaché. Subtil car la détresse des enfants n’est jamais frontale, avec autour d’eux, des adultes en partie dévastés par leur aveuglement. Ga Eun Yoon offre aux spectateurs un long-métrage intègre et généreux qui devrait pousser chacun à réfléchir sur le place donnée à la parole des enfants dans nos sociétés contemporaines.
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