Le 21 mai 2026
Si esthétiquement et techniquement, ce premier film est irréprochable, il est désespérément long et ennuyeux.
- Réalisateur : Konstantina Kotzamani
- Acteurs : Arisa Sasaki, Melina Mardini, Haruna Matsui, Kotone Hanase
- Genre : Teen movie, Drame fantastique
- Nationalité : Espagnol, Japonais, Allemand, Roumain, Grec
- Durée : 2h10mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Une adolescente japonaise déconnectée, qui s’entraîne pour devenir une sirène professionnelle, est sauvée d’une expérience de mort imminente lorsque son entraîneur lui donne le baiser de la vie. Son désir s’éveille et elle découvre les effets dévastateurs de son chant de sirène.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : S’il a quelque chose que les spectateurs doivent ignorer, c’est bien l’existence partout dans le monde d’écoles de sirènes, dit autrement de centres de formation en apnée préparant à des métiers de plongée avec les poissons dans les aquariums et les parcs d’attraction. C’est l’ambition de la jeune réalisatrice grecque, Konstantina Kotzamani, de suivre pendant plusieurs mois un groupe de Japonaises lors de la préparation à un concours international de sirènes. Elles arrivent toutes dans ce centre débordantes d’ambition et s’apprêtent à vivre plusieurs mois intenses entre les entraînements, les sorties entre elles et évidemment le choc amoureux de l’une d’elles avec son entraîneur.
Titanic Ocean est situé à mi-chemin entre le récit initiatique et le fantastique. Si l’on comprend que l’héroïne principale est sauvée in extremis par un entraîneur, la réalisatrice plonge sa fiction dans une suite de communications spirituelles entre les deux acolytes, lesquelles s’agrémentent d’images fantasmagoriques ou de longues contemplations à vocation spirituelle. Le film est du coup très difficile à suivre. On explore la psychologie de ce groupe d’étudiantes japonaises qui finissent toutes par générer un certain agacement. Bien sûr, on ne peut pas leur en vouloir mais le déballage de tout leur attirail qui vise à personnaliser leur identité de sirène (au point d’être affublées d’un prénom spécifique) tient de l’overdose.

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Techniquement, le long-métrage est irréprochable. La réalisatrice filme de longues scènes aquatiques qui attestent d’une part de l’effort magistral accompli par les actrices, et d’autre part du savoir-faire certain en matière de réalisation. On décèle la recherche permanente d’une certaine esthétique mais qui est de suite desservie par l’extrême complaisance de la réalisatrice, doublée d’une lenteur à la limite du supportable. On peut tout à fait comprendre les ambitions poétiques et fantastiques de la cinéaste, mais le procédé est tellement dans le sirupeux qu’un un sentiment de rejet est suscité.
C’est très difficile de rejeter un film comme Titanic Ocean dont les qualités visuelles et sonores sont incontestables. On aura apprécié par exemple la reprise langoureuse de "I Follow Rivers" de Lykke Li qui avait accompagné La vie d’Adèle de Kechiche. Sauf que l’héroïne est privée de paroles et ne parvient qu’à marmonner des bribes de mots. On trouve là encore une occasion perdue de retrouver le spectateur qui finit par s’exaspérer d’une pareille frustration. Konstantina Kotzamani choisit alors de déployer une voix off, d’une lenteur inouïe, à la poésie graveleuse. On attendra avec intérêt le prochain film de la jeune réalisatrice, dès lors qu’elle aura oublié cette école et ces sirènes.
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