Le 27 septembre 2026
Richard Yates écrit ce roman qui met en scène la rencontre de deux familles que tout oppose. Il dépeint des vie de lassitude dans le morne quotidien figé que la guerre ne parvient même pas à ébranler.
- Auteur : Richard Yates
- Collection : Pavillons Poche
- Editeur : Robert Laffont
- Genre : Drame
- Nationalité : Française
- Traducteur : Aline Azoulay-Pacvon
- Date de sortie : 10 septembre 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « Un été à Cold Spring » débute en 1935. Evan Shepard a dix-sept ans et se découvre une passion pour les automobiles, sous les yeux de son père Charles, retraité de l’armée. Charles aurait voulu avoir une belle carrière militaire, partir au front à la Première Guerre mondiale. Mais cela ne fut pas possible. Il se marie avec Grace et a un fils. Grace supporte mal la vie de militaire et tombe dans un cycle malheureux de dépression chronique. Charles s’occupe de tout dans la maison : les courses, le repas, l’éducation difficile de son fils, les soins de sa femme. Cette passion pour les voitures pourrait être le tournant qui éloigne Evan de la délinquance, peut-être l’avenir d’un métier d’ingénieur mécanicien. Charles serait alors rassuré. Mais la vie est parfois plus simple, plus plate. Charles aime les voitures, il les comprend, roule vite, et cette passion l’a rendu beau. Mais Charles n’a pas d’ambition dans la vie. Il suit le courant et rencontre Mary Donovan...
Critique : Evan apparaît comme le fil conducteur, mais on suit les pensées des différents personnages de l’histoire. Après avoir suivi la vie de Charles et son fils Evan, depuis 1935, l’action se resserre sur l’été 1942 à Cold Spring. Les rencontres se déroulent, le quotidien est écrasé par la chaleur, chacun vaque à ses occupations, ou à ses inoccupations. La guerre est là mais sa présence sourde, même si l’attaque de Pearl Harbor a eu lieu, ne bouleverse pas la vie des personnages.
Richard Yates nous dépeint une Amérique sans histoires, sinon celles, minuscules, des drames du quotidien : recherche d’un appartement, d’un travail, de l’amour. Chacun vit au mieux de ses capacités. Les espoirs d’une amélioration ressemblent à des rêves. Qu’il s’agisse de Evan, Mary, Rachel, Charles, Gloria, Phil ou encore Gace ou "Flash", chacun semble coincé dans une existence qui n’est pas celle qu’il ou elle aurait souhaité. Et tous ont un point commun : ils font le choix de laisser passer les jours et de se contenter de ce qu’ils ont. Parfois, une escapade vient briser la routine, une fuite ou une crise bouleverse le quotidien, mais tout semble rapidement reprendre son cours normal. Le temps passe, les enfants grandissent, mais demeure encore et toujours cette sensation de ne pas être au bon endroit, de ne pas avoir la vie rêvée, sans pour autant avoir l’énergie de changer les choses.
Ce sentiment de triste lassitude, Richard Yates ne le dépeint pas seulement chez Evan, mais nous le fait ressentir, de différentes manières, chez chacun de ses personnages. Cette tranche de vie de deux familles devient alors un constat amer de l’acceptation résignée et du mal-être sous-jacent de milliers d’Américains, hommes et femmes, jeunes ou âgés, représentés par les personnages du roman. Les décisions prises à la fin de cet été ne sont finalement que de modestes changements, en attendant mieux.
Un été à Cold Spring, publié initialement aux États-Unis en 1986, raconte comment différents personnages s’enfoncent dans des vies qu’ils n’ont pas voulues, faute de pouvoir ou de vouloir changer.
272 pages – 10,50 €
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