Critique

CINÉMA

Antigone - la critique du film

Le 31 août 2020

Sophie Desrape met en scène une reconstitution audacieuse et très bien écrite, du mythe d’Antigone dans un Canada étranglé par ses contradictions, comme un hymne à la jeunesse et une invitation à la liberté.

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  • Nathou LaLa 10 avril 2020
    Antigone - la critique du film

    J’ai beaucoup aimer ce film - L’histoire est prenante - Les personnages sont attachants - On est directement dans le chœur du sujet, et l’action est omniprésente - Je recommande

  • camarade nabksy 11 avril 2020
    Antigone - la critique du film

    Que serais-tu prête à faire par amour ?
    Aurais-tu le courage d’écouter ce que ton cœur te dit ?

    Suite à une bavure policière, Antigone perd ses deux grands frères.
    Le premier meurt et le deuxième est incarcéré et menacé d’expulsion.
    Armée de tout son courage, elle élabore un plan afin de le remplacer en prison.
    Elle espère naïvement une clémence de la justice à l’égard de l’élève modèle et mineure qu’elle est.
    Seulement l’autorité aime faire de ceux qui osent la contester des exemples à ne pas suivre.
    Antigone est donc forcée de choisir entre le cœur et la raison.
    D’un côté, abandonner sa famille, éviter une peine de prison et éventuellement obtenir sa citoyenneté canadienne.
    De l’autre, suivre son cœur et renoncer aux brillantes études et un avenir tout tracé, inespéré à son arrivée au Canada.

    Une figure mythique face à un dilemme Cornélien, placée au cœur du problème constant de l’intégration des minorités dont les violences policières et l’inefficacité du système judiciaire illustrent l’échec criant.

    Voilà le cocktail que nous propose Sophie Deraspe dans cette adaptation très libre du mythe de la tragédie grecque.
    Hormis les noms des membres de la famille principale et une affiche annonçant “Œdipe roi” sur le bus servant à l’évasion, le film ne s’obstine pas à rester fidèle à Sophocle. Pour le reste il s’agit bien d’un drame contemporain, fleurtant avec la tragédie, en renvoyant une image peu flatteuse de nos sociétés occidentales modernes dans qui ont toujours plus de difficulté à traiter la différence.

    Le film s’installe péniblement, notamment la faute à un casting fragile, jusqu’à la confidence d’Antigone (“ça me demande tout mon courage”) quand elle se coupe les cheveux. Nahema Ricci nous montre ici que son premier grand rôle est annonciateur d’une pléthore à suivre. La sobriété, à la limite de la pudeur, de son interprétation transparaît dès la scène de l’exposé et nous emporte en même temps que Hémon, son amoureux. Le plus impressionnant chez elle, au-delà de son regard à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, c’est la clarté avec laquelle elle réalise ses choix de jeu si subtils. Rachida Oussaada qui interprète sa grand-mère, Ménécée, nous fait étalage des mêmes qualités nous entraînant à chanter avec elle. Elle ne nous force pas à la plaindre, ni à pleurer pour elle, à la différence de la sœur Ismène et du frère Polynice, tous deux aussi difficiles à supporter comme acteurs et que comme personnages.

    La machine est lancée et elle n’a pas contente de trouver une jeune femme lui tenir tête. Elle est déterminée à détruire sa détermination et/ou son amour, usant de menace (“Tu t’embarques dans quelque chose pas mal plus gros que tu penses ma petite fille”) ou autre chantage (“Vous la voulez votre citoyenneté ?).
    Antigone ne craque pas parce qu’elle ne craint ni la loi des hommes ni le jugement des vivants.
    Ces derniers n’ont rien à lui offrir, ne pouvant rivaliser avec ses parents morts dont seul l’approbation compte.

    Jusque-là, Antigone incarnait l’enfant modèle du bon immigré, concept si souvent décrié notamment par le fer de lance Nikesh Shukla. Elle est intégrée dans une société qui ne l’est pas. Ce qui rend l’intégration de cette première de classe si fragile. La société attend d’elle une assimilation totale et un renoncement à son identité d’origine. C’est dans cette identité que germe l’idée du sacrifice par amour pour sa famille, valeur dépassée en Occident. La figure de l’oracle aveugle dans son rêve lui rappelle de penser à elle, jouant le rôle d’écho subconscient du matraquage dont elle est victime. Renie-toi. Sois normale. Voilà entre autres ce qu’il est demandé à Antigone. Voilà ce qui la conduit à une aliénation similaire à celle qui ouvra jadis à ses frères la possibilité de la délinquance. Victimes de l’échec des politiques d’intégration, ils ont, tout de même, choisi de faire partie d’un gang, les Habibis. Ce mot affectueux en arabe sert d’étendard à ces jeunes d’ici ou d’ailleurs mais tous déracinés, géographiquement et/ou socialement. Ils choisissent et entérinent ainsi leur propre ségrégation.

    À l’inverse d’Ismène dont la relation avec sa petite sœur cristallise le débat biaisé de l’assimilation, trop souvent présenté à tort sous les habits de l’intégration. C’est le choix que fait Ismène parce qu’elle “veut être normale”. Pour cela elle aura le droit à sa nationalité qu’elle pourra arborer comme ses cheveux décolorés et lissés. Mais peut-on pour autant la juger ? Quand elle est flouée par la définition même de ce qui est attendue d’elle ? Une dictature de la norme qui ne laisserait pas de place à la différence. C’est ce que laissent entendre les différents agents du système que défie Antigone.

    Face à ce mur qui fait mine de ne pas la comprendre, la bêtise maladive de son frère, la lâcheté de sa sœur… Antigone tient son cap, poussée par les bourrasques d’amour chanté de sa grand-mère et le soutien inconditionnel d’une jeunesse qui voit en elle une nouvelle égérie de sa rébellion permanente et nécessaire. Une jeunesse qui n’a pas encore perdu son cœur comme l’affirme un certain prix Nobel de littérature. Antigone tient son cap telle une Greta ou une Malala (pour nommer un autre prix Nobel) dont l’image et la cause se propage, rouge comme le sang d’une hémophile, sur les médias sociaux et les murs du comté grâce aux stencils et autres graffitis.

    C’est ainsi que Sophie Deraspe réussit à tisser ces différents thèmes devant sa caméra qu’elle opère elle-même avec brio, assurant sa propre photographie. Elle laisse également la voix de la jeunesse en colère s’exprimer avec des images filmées en portrait à l’aide de téléphone cellulaire. Une mise en abîme qui lui permet de se montrer nous montrer son adhésion à la cause de son héroïne. Le mythe épouse le fait divers avec succès pour un mariage de cœur et de raison. Le conflit est omni présent. Tout en nous faisant rejoindre le camp d’Antigone, Deraspe nous fait douter du caractère judicieux de son choix. Parfois on est presque forcé de vouloir lui faire entendre raison et de l’admirer pour continuer d’écouter son cœur. En effet le choix qu’elle fera au final ne peut être lu et interprété qu’à travers le spectre de l’amour, potentiellement hors de portée de la raison et de l’égoïsme qu’elle invite insidieusement dans nos rapports humains en occident.

    L’histoire d’un “underdog” qui dépassent ses limitations pour, à la fin, gagner, représente 99% des histoires qu’on aime se raconter. Antigone est bien une “underdog”, du fait de son statut de réfugié. Mais c’est son atout le plus fort, son cœur, qui la fera perdre, contrainte de rentrer avec sa famille en Algérie. La grande perdante de cette histoire est la société québécoise qui rejette une de ses enfants (adoptée) les plus brillantes et prometteuses. Et si Antigone avait en réalité gagné ? En ne se trahissant pas, en restant fidèle à son cœur et à ses valeurs ? La petite fille de 3 ans qu’elle était, pourrait-elle se reconnaître en elle ? Ou bien est-ce elle qu’elle a trahi ?

  • balcon 13 avril 2020
    Antigone - la critique du film

    Antigone, jeune fille immigrée de 17 ans est arrivée au Québec à 3 ans avec sa grand mère, ses 2 frères et sa sœur, suite à l’assassinat de ses parents en Kabylie.Elle devient une jeune fille brillante à l’école et amoureuse d’Hémon . Survient la mort d’un de ses frères par bavure policière et arrestation de l’autre pour agression envers un policier.craignant son expulsion, Antigone organise son évasion et se retrouve incarcérée. Elle va devenir une icône de la jeunesse dans son sacrifice d’amour pour ses frères.
    C’est un grand film sensible sur les problèmes d’immigration , sur la révolte de la jeunesse et sur la solidarité familiale.
    L’actrice principale, interprétant Antigone, apporte de la profondeur, de la justesse pour son personnage. son jeu est intense, sobre sans exagération ; la grand-mère est touchante surtout lorsqu’elle vient chanter devant la prison.
    L’incursion de mini-vidéos de réseaux sociaux rend le film très actuel et rappelle toutes les manifestations de jeunes actuelles si fortes.
    Antigone et sa sœur illustrent parfaitement les différences d’intégration dans une nouvelle société, ou l’une recherche la "vie normale" et l’autre sa liberté.
    C’est une analyse fine de cette jeunesse qui prône le changement par la solidarité entre tous et l’amour.

  • Emmanou 14 avril 2020
    Antigone - la critique du film

    C’est une histoire qui vous tient à cœur dès le début.On se projette dans la vie de ses personnages.On se remet en questions et on s’en pose de plus en plus.
    C’est un film poignant qui nous bouleverse quelque soit nos origines, nos expériences ou tout simplement nos vies..
    Les acteurs reflètent cette vérité qui dérange et qui fait mal.
    Merci aux acteurs.

  • Philippe Gouthéraud 16 avril 2020
    Antigone - la critique du film

    L’histoire d’une famille d’imigrés qui a fuit la Kabylie pour se rendre au Québec. Ils sont intégrés mais n’ont toujours pas de papiers. La plus jeune, arrivée à l’âge de 3 ans est d’ailleurs la seule à avoir pris l’accent québecois. Elle vit sa vie de manière plus intégrée que le reste de la famille, encore très attachée à ses souvenirs. Pendant un contrôle de police l’aîné est tué par un policier (bavure), le deuxième garçon se rue sur le policier qui a tiré, ce qui lui vaudra une incarcération et un emprisonnement. Il risque d’être reconduit dans son pays d’origine. La jeune sœur ne l’accepte pas et sortir son frère de cette prison. C’est un film très bien réalisé. Les plans, les acteurs, rendent le récit très crédible. Je recommande sa vision pour les plus jeunes.

  • Michel BLAISE 9 mai 2020
    Antigone - la critique du film

    J avais signalé l’impossibilité d’attribuer une note inférieure à 4. L’on m’avait répondu, il y a plusieurs semaines, qu’il s’agissait d’un problème technique et que l’on reviendrait vers moi afin que je puisse la publier.

    Je suis sans nouvelle.

    Le film ne mérite pas, à mon sens, une note supérieure à 3 étoiles pour des raisons que j’ai motivées dans une longue et circonstanciée critique publiée sur d’autres réseaux sociaux et dans mon blog.

    Je ne la publie donc pas ici et supprimerai mon compte prochainement.

    Michel BLAISE.

  • zaza210 29 juin 2020
    Antigone - la critique du film

    Film très prenant, humain. Jusqu’à quel point serions-nous prêt à aller par amour ? Telle est la question de ce film. La vie et réussite future est elle plus importante que nos liens familiaux ? Ces liens sont ils des forces ou des liens nous empêchant de progresser ? Telle est la question de ce magnifique film.

  • lydieguillaume 1er juillet 2020
    Antigone - la critique du film

    Ce film est une modernisation intéressante du mythe originel. J’aime assez les films canadiens car on aborde les sujets de société de façon plus dépassionnés qu’en France. On est dans la compréhension des mécanismes, des sentiments et non dans des leçons morales utopiques ou culpabilisantes. L’actrice principale apporte beaucoup de puissance au film.

  • Hinata Shimuro 31 août 2020
    Antigone - la critique du film

    Ce genre de film est vraiment très tentant ! C’est le type d’histoire qui se rapporte à des situations vraies.Et ensuite elle nous permet de se focaliser sur notre histoire à nous, se demander si on aurait pu faire mieux à la place de la fille.
    Hinata Shimuro de https://notre-assistant-virtuel-pas-cher.com/

  • laura 6 octobre 2020
    Antigone - la critique du film

    Bon film à voir

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