Le 7 janvier 2026
Un spectacle habile proposant une plongée vertigineuse dans les coulisses de la DGSI, entre légalité et efficacité ; et une réflexion salutaire sur le sens de la radicalisation.
- Acteurs : Morgan Perez, Charif Ethan Al Ramlat, Aurélie Cuvelier-Favier, Matej Hoffman, Melki Izzouzi, Romain Julliand, Sophie Vonlanthen
- Durée : 2h00
- Auteur : Yann Reuzeau
- Metteur en scène : Yann Rezeau
- Salle de Théâtre : Manufacture des Abbesses
- Date de sortie : 15 novembre 2025
- Plus d'informations : Le site du théâtre
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Résumé : Lors d’une opération chaotique, un groupe de la DGSI parvient à éviter un nouvel attentat. Mais l’un des djihadistes prend la fuite et les policiers se déchirent alors sur la stratégie à suivre pour le retrouver.
Critique : Les attentats, leurs causes, leurs conséquences, leur implication sur nos vies, le travail de la police : autant de thèmes souvent abordés au cinéma mais peu exploités au théâtre. La difficulté d’une mise en scène exigeant rythme et tension permanente n’y est sans doute pas étrangère. Pourtant, conscient de leur ancrage dans notre quotidien, Yann Reuzeau ose franchir le pas. Défi plutôt réussi puisque, malgré quelques répétitions inutiles à l’intrigue dans la dernière partie, il signe un récit dense et passionnant sur la détresse morale à laquelle sont confrontés tous les intervenants, tant suspects qu’enquêteurs.

- Copyright Emeric Gallego
Katia et Niels forment un tandem professionnel bien rôdé et auraient aimé, si la pression de leur métier ne les avait pas dévorés, unir leur destin dans la sphère privée. S’ils ont à cœur, l’un et l’autre, de résoudre au mieux les affaires qui leur sont confiées, leur méthode pour y parvenir les oppose inexorablement, tout comme leur parcours. Katia, capable d’une réelle empathie et d’une tolérance touchante, dévoile, par petites touches, les dessous d’un passé opaque. D’autre part, elle est la mère d’un ado adepte du suprémacisme de la race blanche, sous la coupe d’un individu pétri d’idées réactionnaires. Niels semble avoir suivi un chemin plus linéaire. Mais sa hantise de l’échec et son désir de perfection le poussent à commettre des actes répréhensibles et à s’affranchir des règles de la morale.
Autour de ce duo efficace évoluent plusieurs personnages qui affichent leurs peurs, failles, espoirs, de Gabriel, jeune rescapé d’un attentat encore emprisonné dans son traumatisme, à Abdel que l’on veut croire sincère dans sa volonté de mener une vie paisible après son retour de Syrie, en passant par Nour, le flic infiltré, bien plus proche de ceux qu’il poursuit que sa fonction ne l’exige. Les présenter dans toute leur complexité évite tout risque de manichéisme et permet à chaque spectateur de s’attacher à l’un ou l’autre suivant sa sensibilité. D’autant que tous sont interprétés par des comédiens (certains jouent plusieurs rôles) totalement investis, qui n’ont aucun mal à nous entraîner dans ce qui ressemble de plus en plus à un polar captivant.

- Copyright Emeric Gallego
Dans un décor minimaliste composé de panneaux mobiles que les comédiens eux-mêmes bougent au gré des scènes, le rythme ne faiblit pas, maintenant l’intrigue sur un fil sans savoir quelle direction elle va adopter, tandis que les lumières, souvent sombres, accentuent encore une ambiance oppressante. Petite ombre au tableau : Ça crie, ça court, ça se télescope, créant un léger sentiment de confusion au point de perturber la bonne compréhension des actions.
Il n’en reste pas moins une réflexion habilement amenée et nécessaire sur le sens de la radicalisation, islamiste ou d’extrême droite et sur la difficulté du travail de la police antiterroriste, tiraillée entre théorie et réalité.
Manufacture des Abbesses - 7, rue Véron - 75018 Paris
Jusqu’au 1er février 2026 - samedi à 21h et dimanche à 17h
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