Le 25 septembre 2026
Brad Pitt. Un berger allemand. Les paysages de l’Alaska. Que demande le peuple ?
- Réalisateur : David Ayer
- Acteurs : Brad Pitt, J.K. Simmons
- Genre : Aventures, Action
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Paramount Pictures France
- Durée : 1h41mn
- Date de sortie : 23 septembre 2026
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Résumé : Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.
Critique ! On ne donnait plus très cher de la peau de David Ayer, scénariste (Training Day, Dark Blue) puis réalisateur (Bad Times, End of Watch) prometteur, plombé depuis les élucubrations super-héroïques de Suicide Squad et depuis condamné à mettre en scène des séries B netflixo-amazoniennes pour Will Smith ou Jason Statham. Heart of the Beast, son premier film à sortir en salles depuis une décennie, est un retour quelque peu gagnant pour Ayer, qui place au cœur de son film un tandem de cinéma qui a fait ses preuves depuis au moins Umberto D. de De Sica : un homme et son chien.

- © 2026 Paramount Pictures. Tous droits réservés.
Brad Pitt / James et son berger allemand Odin (joué, avec brio, par un canidé nommé Uber) sont donc lâchés dans les montagnes et les forêts infinies de l’Alaska, dans un geste plus proche de Jack London que de Bear Grylls, et où la moindre action (faire un feu, monter sa tente, panser ses blessures) prendra des proportions épiques. Sur un canevas aussi simple et épuré, Ayer se plaît même à imprimer une poignée d’images ravivant quelques souvenirs cinéphiliques, comme cette scène de pêche à la mouche où l’on pense furtivement à Et au milieu coule une rivière de Robert Redford. Toujours du côté de chez Redford, c’est dans les pas de l’inoxydable Jeremiah Johnson ou de sa suite spirituelle tardive All Is Lost que se place Heart of the Beast. Comme Redford, David Ayer donne à son récit de survie un côté étonnamment élégiaque, qui pleure les héros disparus ; ici, toutefois, c’est moins la corruption des idéaux américains par la modernité qui l’intéresse que la mort des soldats (et des chiens de combat) au front, ressuscités par des images de batailles ensablées comme le cinéma hollywoodien en produit à la pelle depuis bien des années.
Le vrai sujet du film, d’ailleurs, est son acteur principal. Dès les premières images, où Brad Pitt fait jeu égal avec l’immensité rugueuse qui l’entoure, David Ayer l’iconise, en fait une figure semi-divine, plus tout à fait humaine, seule à même d’affronter la nature dans tout ce qu’elle a de plus implacable (même son chien a le nom du plus puissant des dieux nordiques). Sans doute chercher « le dernier des géants hollywoodiens » ou « the last movie star » est-il un marronnier journalistique, mais il y a de ça chez Brave Type, l’un des seuls du Hollywood d’aujourd’hui à pouvoir monter des films sur son propre nom, sans même se raccrocher à des franchises lucratives.

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Les meilleurs films de Pitt de la décennie écoulée sont d’ailleurs ceux qui forgent sa légende et brouillent la frontière entre l’acteur et ses personnages à l’écran : Once Upon a Time... in Hollywood faisait de lui un cascadeur vieillissant (qui fera d’ailleurs bientôt son retour dans un film signé du plus beau des pygmalions pittiens : David Fincher), largué face à la jeune garde qui prenait d’assaut l’Usine à rêves ; dans Babylon, il était un simili-Errol Flynn, vedette de l’écran à la fois décatie et vénérée ; dans F1® LE FILM , enfin, son pilote rangé des voitures acceptait de sortir de sa retraite pour transmettre son héritage à un jeune padawan du volant. Dans Heart of the Beast, il paraît cette fois accepter l’idée du temps qui passe et de sa propre finitude, à l’instar d’un Tom Cruise dans Top Gun : Maverick. Et que lui reste-t-il à l’heure de lâcher la rampe ? Rien que son chien, à qui il confiera : « Tu es le seul que j’ai jamais aimé. » C’est l’amour wouf !
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