Le 18 mai 2026
Une œuvre délicate et pudique pour aborder la difficile question de la perte d’un enfant. Un film saisissant.
- Réalisateur : Sandra Wollner
- Acteurs : Birgit Minichmayr, Tristan López, Lotte Shirin Keiling
- Genre : Drame, Teen movie
- Nationalité : Allemand, Autrichien
- Distributeur : New Story
- Durée : 1h56mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Jessie est une adolescente pleine de vie. Son seul problème est qu’elle partage sa chambre avec sa petite sœur. Ella, leur mère, est débordée mais attentive. Quand l’une des trois disparaît, toute la famille est bouleversée et cherche un coupable. Ella décide alors d’un voyage vers le Sud. Sous les rayons du soleil de Tenerife, passé et présent se mêlent peu à peu.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : On se souvient du magnifique La chambre du fils (2001) de l’Italien Nanni Moretti, qui évoquait la disparition d’un adolescent. La réalisatrice autrichienne Sandra Wollner tente à son tour d’explorer les ravages d’un tel évènement dans une vie familiale et amoureuse. Le long-métrage aborde le thème du deuil dans un récit qui brouille les temporalités et les évènements, comme si perdre un enfant signifiait un arrêt de l’existence pour ceux qui restent, où présent passé et futur soudain se chevauchent.

- Copyright The Barricades Panama Film / Gregory Oke
Everytime est donc un film complexe. Complexe parce qu’il refuse la linéarité du monde, la cohérence des choses écrite à l’avance. Le long-métrage visite le tsunami monstrueux que génère une telle perte, avec une explosion pour chacun des repères, normes, limites et perspectives. Pour autant, c’est aussi un film simple. Simple parce qu’il va au cœur des émotions, des sentiments balayés par le drame, sans jamais tomber dans la surenchère lacrymale et émotionnelle.
Sandra Wollner réalise aussi un film sur l’amour. Toute la première partie décrit la relation amoureuse entre celle qui va disparaître, Jessie, et celui qui l’aime, Lux. La présence de la mère est permanente dans ce récit, offrant le portrait d’une femme apparemment désinvolte, gérant de multiples vies, mais aimante et présente. La réalisatrice filme ainsi avec beaucoup de douceur et d’élégance la symbiose familiale, entre la maman débordée, l’adolescente amoureuse et la petite sœur en recherche d’attention. Et cette douceur, cette élégance sont similaires, dès lors qu’il s’agit d’évoquer la disparition de Jessie.

- Copyright The Barricades Panama Film / Gregory Oke
En ce sens, le récit est très habile. Il mêle les temporalités, les témoignages, obligeant le spectateur à ne plus savoir où il est et à lâcher prise. Ce lâcher-prise d’ailleurs est en miroir de celui que la maman et sa petite fille doivent accomplir, même quand on se croit encore en relation téléphonique avec l’être qui a disparu. On trouve dans ce récit une poésie évidente, qui trouve sa correspondance dans l’évocation de la mer. D’ailleurs, la réalisatrice va au-delà des mots puisqu’elle projette les spectateurs sur les rives de Tenerife, dévorées par l’écume, et qui ressemblent étrangement à ce jeu vidéo que Jessie pratiquait. La magie n’est plus loin, et puisqu’il s’agit de cinéma, il faut tout simplement en accepter le principe.
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