Le 18 mai 2026
Poussif et vain, ce premier film d’une jeune réalisatrice, pourtant coproduit par Wim Wenders, est déconcertant d’ennui et de longueurs.
- Réalisateur : Katarina Rivilis
- Acteurs : Naomi Cosma, Logan Sage, Elijah De Billie, David Flores
- Genre : Drame, Teen movie
- Nationalité : Allemand, Suisse
- Distributeur : Nour Films
- Durée : 2h05mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Une adolescente allemande débarque dans le désert du Nouveau-Mexique pour une année d’échange. Elle pensait trouver l’Amérique de ses rêves. Elle découvre un pays inquiet, un amour fragile, et cette vérité que chaque génération finit par rencontrer : le monde que l’on nous promet n’est jamais celui qu’on trouve.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Il faut le dire, revoir les tours du 11 septembre être traversées par les avions sur grand écran est un choc. Car justement, le récit que la jeune réalisatrice, Katharina Rivilis, se passe en 2001, année de la guerre contre Al-Qaïda certes, mais pour le cinéma, année où la jeune Franny, s’apprête à passer un séjour dans le Nouveau-Mexique, au domicile d’une famille américaine. Elle est allemande et manifestement les perspectives de cet État désertique, plutôt rural, ne l’enchantent guère. Et magie du cinéma oblige, elle va traverser ce qui pourrait être l’une des plus belles années de sa vie, avec son flot de rencontres, de joies, de tristesses et d’amour.
Sur le papier, I’ll Be Gone in June est réjouissant. On pense aux films de Kéchiche qui mieux que personne se plaît à filmer la jeunesse le temps d’un été. Sauf que pour réussir ce type d’entreprise, il faut avoir quelque chose à dire. Le récit prend le pari d’intéresser les spectateurs pendant plus de 2 heures, sur le seul destin d’une jeune allemande, à qui rien n’arrive, sinon une adolescence qui se passe avec ses hauts, ses bas et ses désenchantements. Évidemment, comme l’héroïne se rêve écrivaine, on imagine que la réalisatrice a mis en scène sa propre expérience de vie, qui l’a certainement faite grandir, mais n’intéresse pas grand monde qu’elle-même.

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On retient essentiellement de I’ll be gone in june sa longueur. Le film paraît interminable, tant la succession d’amourettes ratées ou de discussions entre adolescents ne parvient pas à accrocher le spectateur. La désinvolture de l’héroïne la rend détestable, renforcé par ses comportements méprisants et son acharnement à vouloir changer un garçon qui, visiblement, ne l’aime pas. Certes, c’est un premier film. La responsabilité de ce ratage ne vient pas de la réalisatrice mais du fait qu’elle ait été si mal conseillée par ses producteurs. Katharina Rivilis a réalisé un film pour elle-même sans penser à ses éventuels spectateurs.
Du coup, le spectacle devient fastidieux pour le spectateur incapable de se reconnaître et s’identifier dans les palabres de ces jeunes gens qui d’ailleurs ont moins à voir avec ceux de l’époque, que ceux qui vivent aujourd’hui. La réalisatrice commet par ailleurs un contresens historique grave, attribuant à Clinton l’édification de murs alors qu’il s’agit de George W. Bush en 2006. Au moment des faits, ce mur n’était pas encore érigé : il y avait de simples barrières frontalières. Un tel écart avec la réalité ne peut être accepté, même dans une fiction qui parfois peut s’émanciper de l’Histoire.
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