Le 13 janvier 2026
Poésie et pudeur des sentiments sont au menu de ce joli film où la détresse psychologique des personnages est abordée dans une langue pleine de délicatesse. Assurément un long-métrage japonais pétri d’humanité.
- Réalisateur : Sho Miyake
- Acteurs : Kiyohiko Shibukawa, Ken Mitsuishi, Hokuto Matsumura, Mone Kamishiraishi, Ryō , Norihiko Tsujimoto, Chihiro Oshima
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Art House Films
- Durée : 1h59mn
- Titre original : Yoake no subete
- Date de sortie : 14 janvier 2026
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Résumé : Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise d’astronomie. En quête d’un nouvel équilibre, ils ont délaissé une carrière toute tracée : elle, en raison d’un syndrome prémenstruel qui bouleverse son quotidien ; lui, à cause de crises de panique aiguës. Peu à peu, ils apprennent à travailler autrement, se rapprochent, s’apprivoisent… et découvrent qu’une présence suffit parfois à éclairer la nuit.
Critique : Elle, Misa, souffre de troubles du comportement que son médecin attribue à des troubles prémenstruels qu’elle tente de soigner par les plantes ; lui, Takatoshi, est régulièrement pris de crises de panique qu’il calme avec de l’eau gazeuse. Ces deux êtres auraient pu rester étrangers l’un de l’autre si le destin ne les avait pas conduits à se rencontrer dans une entreprise d’astronomie et de jouets scientifiques. Alors, à bas bruit, naît entre les deux une relation d’amitié, teintée d’amour qui ne dit pas son nom, comme un antidote aux angoisses et à la détresse psychique qui les étreignent chacun à sa façon.
Jusqu’à l’aube aborde dans un langage très poétique la question des troubles psychiatriques au Japon. Ils s’incarnent dans ces deux personnages très attachants qui luttent pour dompter leur mal mais aussi trouver une certaine stabilité dans la société. En ce sens, le film va à l’encontre des préjugés qui peuvent courir autour de la maladie mentale. Le cinéaste, Sho Miyake, dont on se souvient du très sensible La beauté du geste (2022) aborde une nouvelle fois la difficulté à exister pour des personnes habitées par une forme d’étrangeté mentale. Le cinéaste ne parle pas frontalement de handicap, mais plutôt des manières dont celles et ceux qui en sont porteurs peuvent adopter pour déjouer les ravages de leur détresse intérieure.

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Jusqu’à l’aube n’est absolument pas un film sociologique. La langue cinématographique, très pudique, accompagne les deux protagonistes jusqu’à cette presque fin magnifique qui donne au titre du film toute sa profondeur. Les deux êtres se révèlent lentement l’un et l’autre, à la manière finalement dont l’univers se découvre au détour d’une fin d’obscurité et d’un début de soleil. Ils sont pétris d’une grande intelligence qui ne demande qu’à être offerte au monde qui les entoure. La musique à peine audible qui accompagne le récit apporte à l’ensemble une sérénité ne faisant que confirmer la grande acuité du regard du cinéaste sur la pathologie mentale. La photographie est elle aussi très belle, comme si elle s’était inspirée des images d’une autre époque, dans un Japon intemporel.

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Jusqu’à l’aube, en écho à La beauté du geste, est une œuvre épurée sur l’émancipation physique, psychique et sociale d’êtres vulnérables que la société japonaise relègue à des formes d’étrangeté. Il y a beaucoup de bienveillance autour des deux héros, à commencer par les environnements de travail, très éloignés de la dureté célèbre des univers professionnels au Japon. Le long-métrage invite à beaucoup de respect à l’égard de ceux qui acceptent les écarts de comportement de Misa et de Takatoshi. Certes, on se fait des courbettes en permanence, on s’excuse pour un oui et pour un non, mais derrière ces postures à la limite du stéréotype, apparaît une société moins dure qu’elle ne paraît, et surtout très attentive à maintenir un cadre de vie harmonieux.
Sho Miyake offre, en ce début d’année 2026, un film d’une profonde humanité. L’épure de la mise en scène témoigne d’une volonté du cinéaste de décrire le processus d’inclusion sans jamais tomber dans la démonstration ou la leçon de morale. En ce sens, le long-métrage invite les spectateurs à toujours plus d’ouverture d’esprit en dépit parfois des apparences qui peuvent conduire au repli sur soi. Jusqu’à la fin où le cinéaste émaille l’écran d’images urbaines d’une grande sérénité, on ressent la paix et l’harmonie gagner les relations sociales entre les habitants japonais. Idéal ou réalité ? Sho Miyake ne se pose pas la question, sinon donner à penser un monde capable de se révéler à chaque fois que la nuit s’éteint et le soleil se lève.
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