Le 19 février 2026
Josh Sadfie revitalise le genre compassé du biopic par un scénario créatif et une mise en scène alerte, sans être clinquante ; et Timothée Chalamet trouve un autre grand rôle qui montre l’étendue de sa palette.
- Réalisateur : Josh Safdie
- Acteurs : Gwyneth Paltrow, Emory Cohen, Sandra Bernhard, Abel Ferrara, Géza Röhrig, Timothée Chalamet, Fran Drescher, Odessa A’zion, Kevin O’Leary, Tyler Okonma
- Genre : Comédie dramatique, Biopic, Film de sport
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Metropolitan FilmExport
- Durée : 2h30mn
- Date de sortie : 18 février 2026
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.
Critique : On pouvait a priori être dubitatif face aux informations et premières images divulguées sur Marty Supreme. Encore un biopic ? Encore un numéro à Oscars pour star en vogue ? Encore des tubes musicaux pour illustrer diverses séquences ? Josh Safdie n’est certes pas n’importe qui à Hollywood, et les longs métrages qu’il a coréalisés avec son frère Benny Safdie ne manquaient pas de panache. Mais il était permis de trouver un brin criard et malin leur surestimé film de braquage Good Time qui a eu pourtant de nombreux défenseurs, y compris sur ce site. En 2025, les deux frères ont décidé de travailler en solo, mais les deux ont opté pour le biopic sportif. Benny a signé l’agréable petite production indépendante Smashing Machine, sur le catcheur Mark Kerr (échec commercial) ; quand Josh a eu droit à davantage de moyens avec ce récit d’un champion de tennis de table, pour un film promu à un beau succès. Et force est de reconnaître que Marty Supreme est une authentique réussite, qui devrait ravir tous les publics. Coécrit avec Ronald Bronstein, le scénario est la libre adaptation d’une partie de la vie de Marty Reisman (1930-2012). Ce dernier a connu son heure de gloire en ayant remporté plusieurs médailles dans des compétitions internationales comme les championnats du monde par équipes de tennis de table en 1948 et 1949.

- Timothée Chalamet
- © 2025 A24 / Entertainment Film Distributors. Tous droits réservés.
Éduqué dans une famille juive new-yorkaise, le jeune Marty a également fréquenté plusieurs salles de jeu glauques de l’époque, côtoyant une faune interlope. Sans doute conscients que ces éléments de biographie ne suffisent pas à tenir en haleine le spectateur pour un spectacle de cent cinquante minutes, Safdie et Bronstein ont brodé, entre autres, un fond romanesque et des digressions policières, tout en prenant des libertés avec la réalité du parcours sportif de Marty. Et ces aspects dénotent une belle inspiration d’écriture. La relation de Marty avec une amie d’enfance (la révélation Odessa A’Zion) et une ex-star de cinéma (Gwyneth Paltrow, grandiose) apportent une réelle plus-value au synopsis, avec un mélange de grâce et de décalage comique réjouissant. Et l’on retrouve (pour le meilleur) la griffe Safdie au détour de nombreuses séquences, dont un court flash-back nous amenant dans un camp de concentration, et qui aurait pu conduire au pire ; ou une fusillade dans le New Jersey (avec un stupéfiant Abel Ferrara en caïd), digne des meilleurs thrillers de l’histoire du cinéma. Josh Safdie a en outre le mérite d’assumer une pleine (et limpide) linéarité, et ce sur quelques années de l’existence du champion, alors que le vrai Marty a poursuivi (certes discrètement) sa carrière sur plusieurs décennies, remportant même un titre en 1997.

- Gwyneth Paltrow
- © 2025 A24 / Entertainment Film Distributors. Tous droits réservés.
Et les rares séquences d’archives sont incrustées de manière subtile dans la narration, et pas seulement pour rappeler au spectateur qu’une « histoire vraie » se cache derrière l’exubérance des situations qui se déroulent à l’écran. Marty Supreme est enfin le portrait tout en nuances d’un jeune homme pas particulièrement sympathique, goujat avec les deux femmes de sa vie, tout en étant prêt à aider l’une d’elle quand elle est en danger ; volant son oncle et ignorant sa mère mais sans rejeter vraiment l’esprit de famille ; disposé à toutes les compromissions pour satisfaire son orgueil démesuré et remporter une compétition mondiale, sans jamais faire de mal à une mouche (ou presque), et tout en respectant un adversaire vaincu. Timothée Chalamet, légèrement enlaidi et au premier abord méconnaissable, se meut avec aisance dans la peau de ce personnage hors du commun, mais sans en faire des tonnes. Il trouve un rôle qui restera dans sa jeune carrière aussi mémorable (voire plus) que ceux qu’il a incarnés dans Call Me by Your Name, Un jour de pluie à New York et Un parfait inconnu.
Galerie photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.























