Le 7 juillet 2026
Une comédie attachante et fantasque, aux faux airs d’un film de Wes Anderson à la française.
- Réalisateur : Alexandre Steiger
- Acteurs : Alexandre Steiger, Andranic Manet, Florence Janas, Charlotte Laemmel, Abraham Wapler, Salomé Rose Stein, Gulliver Hecq
- Genre : Comédie romantique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Tandem
- Durée : 1h24mn
- Date de sortie : 8 juillet 2026
- Festival : Festival du film de Cabourg 2026
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Résumé : Félix, un jeune homme timide et fantasque, travaille en tant que réceptionniste dans un petit hôtel parisien tenu par son père. Lorsque Lola, une jeune femme énigmatique, s’installe à l’hôtel, son petit monde se retrouve totalement chamboulé.
Critique : La comédie n’est pas un genre aisé, surtout lorsqu’on aborde son premier long métrage alors qu’on est soi-même un acteur reconnu. C’est pourtant le pari d’Alexandre Steiger qui, fort d’une carrière de comédien exemplaire, emprunte pour cette première réalisation la voie de la poésie et du rire. L’histoire est tout aussi déjantée ses personnages, tous plus ou moins habités par une maladie psychiatrique qui ne dit pas son nom. Seule la mère du protagoniste, Félix, un angoissé irrépressible employé par son père dans un hôtel parisien où plane l’ombre de Napoléon, est officiellement internée en hôpital psychiatrique, quand tous les personnages auraient bien besoin de quelques thérapies originales. Alexandre Steiger s’amuse de l’humanité dans une farce qui mêle, comme son titre le suggère, écologie, défense des animaux et romance.
L’écologie des sentiments est inclassable. On est loin de la comédie lourde qui cherche à provoquer le fou rire à tout prix. Le long-métrage se situe assurément entre la poésie, le théâtre et le cinéma. Il y a quelque chose des œuvres de Boris Vian dans ce Paris lunaire, décrit surtout à partir des intérieurs comme cet hôtel rouge et déglingué, les cafés et le célèbre Salon de l’agriculture. Paris est une fête, même si la capitale est gentiment perturbée par des militants de la cause animale, d’ailleurs moins révolutionnaires que rêveurs. Le long-métrage ne se prend pas au sérieux et les acteurs s’adonnent avec une certaine délectation leurs personnages, toujours à la limite de la folie douce.

- © 2025 - UNITÉ
L’occasion est donnée de retrouver Salomé Rose Stein, qu’on avait aperçue dans Spectateurs !, le semi-documentaire d’Arnaud Desplechin. Elle rayonne dans le rôle de cette jeune militante, pleine de ressorts, pour finalement moins s’adonner à des escapades révolutionnaires que chercher, à travers les hommes qu’elle rencontre, une main amoureuse. La mise en scène est résolument fantasque, avec des apparitions qui évoquent les visions hallucinatoires de Félix, avide d’un mariage à travers les parcs de Paris. L’hôtel où travaillent ou résident les personnages s’invente comme un lieu de féérie et de cinéma où toutes les folies sont possibles. Même les clientes les plus énervées acceptent de trouver dans leur baignoire un employé de l’hôtel, dès lors qu’elles sont parvenues à se débrouiller avec cette drôle de carte d’ouverture des portes.

- © 2025 - UNITÉ
L’amour est roi dans cette comédie qui emprunte des airs d’un film de Wes Anderson. Certes, Alexandre Steiger n’a pas à disposition les mêmes moyens que le cinéaste américain, mais il ne se donne pas de limite dans l’imagination. Il raconte une histoire borderline où tout est possible. L’enjeu est littéraire avant tout, dans la lignée du théâtre de l’absurde de Ionesco ou de Beckett. Alexandre Steiger est en effet un artiste accompli qui fréquente autant les plateaux de cinéma que les scènes de théâtre. Ce premier long-métrage, après deux courts, est habité de l’expérience du comédien qui sait donner la liberté à ses interprètes tout en cadrant une mise en scène que l’on sent rigoureuse. La comédie est un art exigeant, surtout quand le scénario s’affirme comme décalé.
L’écologie des sentiments est presque irracontable. On saluera le titre aussi évocateur qu’inspirant. Si le récit souffre parfois de quelques confusions, le rythme du film n’en demeure pas moins vif et joyeux. Le spectateur passe un moment agréable, qui certes ne révolutionnera pas le cinéma français, mais apportera une touche autant poétique que drôlement fantasque.
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