Le 3 avril 2026
Une plongée suffocante au cœur d’une famille de la grande bourgeoisie provinciale où le patriarcat se transmet de génération en génération.
- Réalisateur : David Roux
- Acteurs : Éric Caravaca, Jérémie Renier, Mélanie Thierry, Alexandra Stewart, Jérôme Deschamps, Nathalie Bécue, Jeanne Rosa, Sarah Le Picard, Arnaud Valois, Lila Gueneau
- Genre : Drame, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Jour2fête
- Durée : 1h33mn
- Date de sortie : 8 avril 2026
- Festival : Festival Chefs Op’ en lumière - Chalons sur Saône 2025, Festival d’Angoulême 2025, Festival du film de Sarlat 2025, les Oeillades - festival film francophone Albi 2025
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Résumé : Voilà Marianne aujourd’hui : épouse d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir quarante ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?
Critique : En 2019, avec L’ordre des médecins, David Roux nous transportait en milieu hospitalier pour ausculter au plus près la particularité des liens familiaux. Aujourd’hui, il nous calfeutre dans le confort douillet et décadent d’une classe prête à tous les compromis pour garder sa place prédominante.

- Copyright Eliane Antoinette - Reboot film
Dans les années 70, Claude Chabrol faisait de la critique sociale de la bourgeoisie son fer de lance. Son style humoristique et sarcastique disséquait avec jouissance les failles d’un monde trop poli pour être honnête. S’inspirant du roman d’Hélène Lenoir Son nom d’avant, David Roux choisit quant à lui un traitement plus ténu pour dénoncer une violence morale assumée. Les premières images donnent le ton. Une femme est brusquement abordée par un homme dans la rue. Il la colle contre un mur, puis la laisse partir. Elle court, emportant en silence sa peur et son humiliation. Son milieu le lui a enseigné depuis longtemps. Face à la domination masculine, il convient de ne pas broncher. C’est ainsi que Marianne, désormais mariée à un homme riche et puissant, se retrouve enfermée dans cette maison familiale qu’elle n’aime pas. Elle a bien tenté de signifier son peu d’enthousiasme à son mari mais celui-ci n’en a cure. il s’agit là de la maison de ses parents, un héritage qu’il faut continuer à faire vivre, envers et contre tout. Au milieu de cette demeure majestueuse et désuète, élément central du film, Marianne trône tel un objet de valeur dont l’unique destin est d’asseoir la quête de respectabilité de son époux. Elle semble pourtant bien s’être dépréciée aux yeux de son entourage. Sa fille la regarde comme une nature morte totalement inutile. Son fils est prêt à monnayer ses services. Son mari la considère uniquement comme un faire-valoir. Quant à elle, elle a accepté de se laisser enfermer dans cet inextricable nœud d’obligations sociales, familiales et conjugales. Il faut dire que dans cet univers rigide, il n’est pas facile pour les femmes de se faire une place. Lors d’une réunion de famille, Lily (Sarah Le Picard), la sœur d’Antoine, avocate émancipée et rebelle, en fera les frais, juste le temps d’apporter au récit une bouffée d’air pur avant qu’il ne retombe dans une ambiance étouffante.

- Copyright Eliane Antoinette - Reboot film
Si le cinéma s’est emparé ces dernières années des manifestations les plus spectaculaires du patriarcat, à travers des récits de viols ou d’abus physiques, plus rares sont les démonstrations d’une emprise morale, de celle qui enserre lentement mais sûrement. Afin de ne pas tomber dans les clichés et maintenir un climat de claustration, la narration avance une délicatesse qui frôle la nonchalance, au point de balayer les rebondissements au profit de l’alanguissement. Une lenteur heureusement revigorée par la qualité de l’interprétation. Mystérieuse, Mélanie Thierry parvient à rendre attachante cette femme que la résignation ne rend pas immédiatement sympathique en l’habillant de toute une palette de sentiments, entre retenue, éveil et élégance. La bonhomie naturelle d’Éric Caravaca dément la cruauté que l’on veut croire involontaire de la part d’un homme plus préoccupé par la sauvegarde des codes inhérents à son rang qu’au bien-être de son épouse. Il est d’ailleurs à noter que la gente masculine n’est jamais décrite comme monstrueuse, de la truculence de Jerôme Deschamps à la fragilité d’Arnaud Valois en passant par la douceur de Jérémy Rénier, faisant de ce huis clos psychologique une fiction d’une belle sensibilité.
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