Le 23 juin 2026
Le phénomène du roman feel good de l’été 2026 arrive en France. Aucun cliché ne manque dans ce roman, de la romance de bord de mer à la puissance de la lecture, à la jeune fille qui comprend que bonheur et réussite peuvent se retrouver dans les choses simples. Facilité littéraire ou reflet d’une époque en quête d’authenticité ?
- Auteur : Gracie Page
- Editeur : Robert Laffont
- Genre : Feel Good
- Nationalité : Anglaise
- Traducteur : Maud Desurvire
- Titre original : The Wildest Dreams Bookshop
- Date de sortie : 4 juin 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : Anna, jeune Londonienne de dix-huit ans promise à une brillante carrière dans le droit, panique au moment de ses examens et décide de s’isoler chez sa tante pendant l’été. Dans cette petite baie de la Cornouailles, elle travaille à la librairie et découvre la vie de ce village balnéaire.
Critique : L’éditeur s’adapte à son époque en proposant un livre coloré, empreint d’un jaspage avec bouquins, tasse de thé, voilier… Pas de doute : vous avez entre les mains un livre pour l’été, pas compliqué, sans surprise et sans aucun facteur de stress. On peut y voir de la platitude ou la volonté de séduire un public très large, et surtout rajeuni : les critiques enthousiastes de jeunes lectrices sur les réseaux pour la version anglophone témoignent d’un véritable engouement pour ce livre.
Anna a craqué sous la pression des examens. Alors que rien ne lui semblait difficile, l’angoisse l’a saisie au moment de se retrouver devant sa copie. Pour couronner le tout, son petit ami lui annonce qu’il veut partir se retrouver en Europe. Prise par un état dépressif, elle décide alors d’aller passer l’été loin de son environnement londonien, afin de donner un coup de main à sa tante qui tient une librairie en bord de mer. Elle s’imagine alors l’ennui et surtout une façon de se racheter en travaillant à être utile. L’accueil dont elle bénéficie et les évènements sur son chemin vont la pousser à se trouver elle-même.
Il serait condescendant de ne pas voir dans le roman la question que se pose une grande partie de la jeunesse occidentale : qu’est-ce qui me correspond et quelles sont mes priorités dans la vie ? Après avoir suivi un chemin tout tracé, s’éloigner de son milieu permet parfois de nous poser les bonnes questions. Le problème vient du fait que ce roman ne met aucun obstacle, aucune surprise, aucune complexité. L’écriture est tout à fait pétillante, la traduction agréable mais le récit ne sort pas des poncifs que l’on peut attendre, jusque dans les dernières phrases.
Alors, qu’est-ce qui fonctionne ? Tout d’abord les personnages, qui, bien que stéréotypés, restent tout à fait attachants. La tante d’Anna, toute en fantaisie, voit son idéalisme et sa passion la rendre fataliste, mais elle continue à être solidaire des habitants de Fox Bay. Sa collègue, Raye, une fille locale, toute jeune mais un peu solitaire, accueille Anna à bras ouverts, malgré ses habitudes différentes des siennes. Tous les personnages semblent s’apprécier et se serrer les coudes, et c’est sans doute cela la raison du succès de ce livre dans sa version originale : la solidarité se présente sans avoir à la demander. Une valeur qui permet alors à Anna de mieux reprendre confiance en elle, et surtout de prendre le temps elle aussi de regarder autour d’elle, et finalement faire preuve d’idées tout aussi ingénieuses qu’intéressantes.
Le roman n’échappe pas cependant à un travers de l’époque Instagram. Fox Bay est un village balnéaire qui a parfois du mal à attirer les touristes et donc les clients potentiels pour les commerçants locaux. L’intervention d’Anna peut contribuer à son essor, à sa manière, sans dénaturer, mais est-ce réellement souhaitable ? L’authenticité ne se contente pas d’une visite et de quelques photos : elle doit être éprouvée, et donc vécue, sur du long terme. C’est d’ailleurs ce que l’on peut constater chez le personnage principal, c’est en plusieurs semaines qu’elle change sa façon de vivre. Mais le propos du livre n’est pas d’éprouver cela, il reste bien dans une logique consommatrice : pas de conclusion douce-amère, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est certes une lecture moelleuse, qui s’adapte à tous les publics, mais le roman reste en surface.
La librairie des rêves les plus fous se veut le premier roman d’une trilogie à paraître.
336 pages
19,90 €
13,99 € en ebook
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